L’efficacité des travaux publics au cœur de la plateforme électorale de l’AFG

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Les dépassements de coûts et de délais dans les projets publics d’infrastructure inquiètent l’Association des firmes de génie-conseil du Québec. (Photo : Cephas/Wikimedia Commons)

L’Association des firmes de génie-conseil du Québec (AFG) a publié lundi matin sa plateforme électorale en vue des élections générales québécoises qui auront lieu le 5 octobre prochain.

Intitulée Réunir les conditions pour la réalisation des projets d’infrastructures au Québec, la plateforme a pour but de proposer des conditions favorables à la réussite desdits projets, peu importe ceux qui seront retenus par le prochain gouvernement. Alarmée par l’incapacité de Québec à livrer les projets publics dans les temps et les coûts prévus, l’AFG a ciblé cinq facteurs pour remédier à la situation.

Elle veut notamment que le Plan québécois des infrastructures (PQI) redevienne un véritable outil de planification des travaux publics. Auparavant, le PQI permettait à l’industrie du génie-conseil de planifier convenablement les investissements, les ressources à rassembler et l’expertise à organiser pour chaque projet. Cette situation a cependant changé dans les dernières années puisque les travaux s’enclenchent trop souvent bien après leur annonce au PQI, ce qui a grandement affecté la crédibilité du programme.

« Ce qu’on constate, c’est qu’il y a peu ou pas de coordination et de concertation entre les donneurs d’ouvrage dans le cadre des appels d’offre qui sont lancés. On a de la difficulté à voir un séquencement optimal des projets dès leur annonce officielle. Donc il faut vraiment s’assurer d’avoir une meilleure planification, pour éviter la surenchère lorsqu’on lance les appels d’offre », explique le PDG de l’AFG, Bernard Bigras.

L’amélioration de la préparation des projets se trouve également au cœur de la plateforme de l’AFG. Pour ce faire, elle estime qu’une évaluation appropriée des besoins, du choix des sites, des estimations de coûts et des délais ainsi que la prise en compte des enjeux environnementaux, sociaux et autochtones sont nécessaires. De plus, l’organisme souhaite que l’entretien et la modernisation des infrastructures existantes soient priorisés, en mettant en place un financement stable et prévisible.

L’Association veut aussi favoriser une sélection de projets fondée sur les compétences, les modes collaboratifs et l’innovation afin de faire évoluer les pratiques de réalisation. La dernière recommandation de l’AFG est de moderniser le cadre réglementaire et d’alléger la lourdeur administrative, ce qui devrait accélérer la concrétisation des projets d’infrastructures.

Le PDG de l’Association des firmes de génie-conseil du Québec, Bernard Bigras.

« Au cours des dernières années, au Québec, on a beaucoup de nouveaux règlements, nouvelles normes, qui bien souvent se juxtaposent, se confrontent, s’additionnent, se chevauchent et on finit par ne plus savoir quelle norme établie est prescrite dans la conception de l’ouvrage, déplore M. Bigras. Et l’enjeu, c’est que cette prescription-là s’applique à tous les projets », ajoute-t-il, plaidant qu’il faut plutôt évaluer les projets au cas par cas.

L’AFG croit que ces conditions de réussite donneront davantage de visibilité aux donneurs d’ouvrage et à l’industrie, optimiseront l’utilisation des ressources et feront avancer la réalisation de projets de qualité dans toutes les régions du Québec. Elle invite du même élan les différents partis à tenir compte de ces propositions et de les inclure dans leurs engagements en matière d’infrastructures.

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