Des avions de chasse dans les airs du Saguenay-Lac-Saint-Jean

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Un militaire américain qui salue son collègue dans un avion de chasse

Une partie des Américains partent de la base militaire le 31 août et le reste le 1er septembre. (Photo : Alex Loiselle)

Article co-écrit avec Julianne Landry

Le ciel de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean a été le théâtre d’un important exercice militaire, une première depuis vingt ans. Le NORAD (North American Aerospace Defense Command) et le USNORTHCOM (U.S. Northern Command) ont tenu l’exercice AMALGAM DART à la base militaire de Bagotville du 24 août au 1er septembre. Les militaires canadiens et américains se sont succédé dans de multiples mises en situation ciblant de potentielles attaques de missiles de croisière sur l’Amérique du Nord.

Ce type d’exercice se fait annuellement, mais ce qui est testé change. Cette année, le NORAD a décidé de se pencher sur la défense contre des missiles de croisière. « C’est une des menaces les plus actuelles, entre autres, avec les drones et les missiles balistiques », a expliqué Majore Constance Aurélie Ratelle, cheffe des plans (A5) du 3e Escadron de la base des Forces canadiennes de Bagotville.

Ces exercices permettent aux militaires d’améliorer leurs tactiques, de tester leur dynamique de vol et d’opération avec les Américains et de s’assurer qu’il n’y ait pas de « frictions » dans les airs s’il devait avoir une intervention. « Tout le monde connait son rôle et on sait comment on va s’organiser une fois dans les airs, qui devra faire quoi et de quelle façon », a précisé Majore Ratelle.

Bagotville : l’élu de l’année

La raison est simple, Bagotville possède un immense espace aérien propice au grand exercice militaire de ce genre. L’espace aérien de la base militaire s’étend de l’Étape, dans le milieu du Parc des Laurentides, jusqu’au réservoir Manic-5 et s’étendant jusqu’à Val-d’Or.

« C’est un espace qui est exceptionnellement grand [surtout que] les Américains n’en disposent pas. Leur espace aérien est beaucoup plus contingenté que le nôtre à cause du trafic commercial. », a précisé Majore Ratelle.  Les seules bases aériennes au Canada sont Bagotville et Cold Lake en Alberta.

Un soldat américain qui regarde son collègue assis dans un F-18

Même si une grande équipe de techniciens a travaillé sur l’entretien d’un avion, les pilotes ont le dernier mot : ils décident s’ils partent en vol ou non. (Photo : Julianne Landry)

La politique et le militaire, deux aspects distincts

Malgré le contexte tendu entre le Canada et les États-Unis, sur le terrain, la collaboration reste absolue et professionnelle. Les militaires des deux côtés de la frontière partagent une mission commune de la protection de leurs frontières. « Ce qui se passe au niveau politique n’influence pas nos accords militaires. »

Les pilotes canadiens, à bord de leurs F-18, travaillent en étroite synergie avec leurs homologues américains et leurs chasseurs F-16 pour être prêts devant une future menace. « Comme la défense du pays repose sur la capacité de nos pilotes à répondre, c’est important qu’on soit capable de bien saisir la menace et de bien saisir quels sont nos angles morts. », a informé Majore Ratelle.

L’après AMALGAM DART

Même si les journées de vol se sont terminées le 29 août dernier, l’exercice AMALGAM continue. « Une fois que nous avons ramassé toutes les informations en vol, nous allons l’analyser et faire une validation des données », a expliqué la militaire. Du côté canadien, ils récupéreront les données et faire l’analyse selon leurs propres critères, et le même processus sera fait du côté américain selon leurs critères. Enfin, le NORAD, qui combine les deux tactiques, va également en faire l’analyse.

Avec les conclusions obtenues, les différents militaires sauront ce qu’ils doivent améliorer, de part et d’autre, dans l’optique d’être totalement prêt en cas d’attaque de missiles de croisière.

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