Jeunes et politique : un désintérêt ou un manque de représentation ?

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Une affiche d’Élections Canada est visible devant un bureau de vote situé sur la rue Racine, à Chicoutimi.

(Photo : Anaëlle Chevert) 

En 1998, 65 % des jeunes Québécois âgés de 18 à 24 ans ont voté aux élections provinciales. Vingt-quatre ans plus tard, leur participation avait chuté de 11%. 

Pour Emy Massie, étudiante et membre de l’association étudiante du Cégep de Chicoutimi, le manque de participation ne signifie pas nécessairement un manque d’intérêt. « Je ne pense pas qu’on est désintéressés. Je pense juste que c’est la politique qui ne s’intéresse pas aux jeunes. » 

Selon elle, plusieurs enjeux préoccupent pourtant les étudiants, notamment les stages non rémunérés, le coût des études, le logement, les prêts et bourses et la précarité alimentaire. Elle estime que les partis devraient davantage venir à leur rencontre. « Qu’ils fassent des tournées dans les écoles plus qu’une fois ou plus qu’en période d’élection, qu’ils viennent nous parler vraiment », souhaite-t-elle. 

Le professeur de sciences politiques à l’UQAC, Étienne Roy-Grégoire, nuance toutefois cette perception. « Je pense qu’ils sont intéressés par la politique, mais certainement moins par les élections », affirme-t-il. 

Selon lui, les réseaux sociaux ont transformé la manière dont les jeunes se politisent. Les algorithmes personnalisent leur contenu et les exposent à des univers politiques différents. Certains jeunes hommes de ses classes se tournent notamment vers des figures politiques et des influenceurs américains. 

Cette nouvelle façon de s’informer peut aussi créer un décalage avec les campagnes électorales traditionnelles. « Si les jeunes ne votent plus, ce n’est pas parce qu’ils sont dépolitisés, c’est parce que leur politisation les mène à trouver les enjeux de campagne électorale soit incompréhensibles, soit triviaux », explique le professeur. 

Le conseiller responsable du contenu au sein du Conseil national des jeunes du Parti Québécois, Hugo Barrette, estime néanmoins que les partis fournissent des efforts pour rejoindre les jeunes. Selon lui, les préoccupations comme le logement, le coût de la vie, l’alimentation et le transport occupent une place importante dans les discussions avec cette génération. 

Il estime surtout que la manière de communiquer doit changer. « Si on veut que les jeunes s’intéressent à la politique, il faut, nous, aller sur ces médias-là et convaincre les jeunes. » Le CNJPQ mise ainsi sur les médias sociaux et sur des contenus adaptés aux plateformes utilisées par les jeunes. 

Pour Étienne Roy-Grégoire, cette transformation pose également la question de l’éducation politique. « Je pense que c’est vital de la repenser », soutient-il, estimant que la socialisation politique doit être adaptée à l’ère des réseaux sociaux. 

Au Cégep de Chicoutimi, l’association étudiante prévoit justement plusieurs initiatives pour rapprocher les étudiants de la politique : capsules avec les candidats, débat électoral, kiosque d’information d’Élections Québec et activité de type boussole électorale. Des initiatives qui pourraient contribuer à transformer l’intérêt politique des jeunes en participation électorale. 

La participation électorale des jeunes de 18-24 ans à baissé de 11% au cours des dernières années. (Archive Photo: Rosalie Lepage)

 

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