Une ville au visage plus vert

Pour Adrien Guibert, si Saguenay continue d’être « un cancre, il y aura des conséquences économiques. »

Si pour l’instant Saguenay fait figure de mauvaise élève en matière d’écologie, les spécialistes sont confiants: d’ici à 2041, la ville aura opéré un tournant majeur.

Dans 20 ans, Saguenay aura un tout autre visage. « La structure de la ville aura connu un vrai changement », explique le porte-parole de la Coalition Fjord, Adrien Guibert-Barthez. Un avis partagé par le professeur en écoconseil à l’UQAC, Olivier Riffon. « Il y aura plus d’espaces verts et de parcs, les corridors verts seront connectés entre eux pour que les animaux n’aient pas à sortir dans les rues, imagine-t-il. L’agriculture urbaine sera aussi très présente. » De plus, en 2041, la ville sera considérée comme nourricière, il y aura des jardins partagés, des fermes urbaines, des ruches sur les toits. « Dans les jardins, les particuliers privilégieront les arbres fruitiers aux belles plantes », décrit Olivier Riffon. La culture du gazon bien régulier et dénué de fleurs sera derrière nous. » 

La nature s’invitera donc en ville, mais la réciproque sera vraie puisqu’il y aura moins de ville dans la nature. Fini l’étalement urbain : la ville aura une bonne fois pour toute cessé de s’étendre, pour se densifier. « Aujourd’hui, le plan d’urbanisation est extrêmement laxiste, il y a des rues qui sont construites au milieu de boisés. Dans 20 ans, le périmètre sera gelé », espère Olivier Riffon. 

Une révolution verte 

Le quotidien des habitants s’en verra bouleversé. « Pour tenir les objectifs de réduction des gazs à effet de serre entre 50 % et 100 %, il faudra qu’il y ait un transport beaucoup plus vert », préconise Adrien Guibert-Barthez. « Moins de place sera accordée à l’auto, mais davantage aux autobus, à la marche ou au vélo. », souhaite Olivier Riffon. Selon le spécialiste, l’offre en pistes cyclables notamment sera revue à la hausse. « Il faut qu’elle corresponde aux besoins fonctionnels des individus, pas seulement aux besoins de loisir. » L’offre en transport en commun aura elle aussi été révisée : des navettes plus petites circuleront dans la ville et Saguenay sera mieux connectée aux municipalités alentour. 

Enfin, la révolution verte touchera aussi le secteur économique. Ces acteurs se seront tournés vers l’économie circulaire et la réticence de Saguenay à adopter les bacs bruns ne sera qu’un lointain souvenir. « On peut imaginer que le bac brun aura remplacé le bac vert, qu’il n’y aura plus de déchets ni recyclables ni compostables ! », s’enthousiasme Adrien Guibert- Barthez. 

Pour les spécialistes, ces changements ne sont pas seulement des espoirs, ils sont aussi inévitables au vu de l’urgence climatique. Selon Adrien Guibert- Barthez, si Saguenay continuait d’être « un cancre, il y aurait des conséquences économiques, comme la taxe carbone. » A l’inverse, si la ville se positionne rapidement, « ce sera un facteur d’attrait important », complète Olivier Riffon. 

En dépit de cette vision utopique, il restera tout de même des choses à mettre en place. « Une piste pour l’avenir, c’est la propriété collective, c’est-à-dire le partage de biens et de services. Mais ce ne sera pas abouti en 2041, ça nécessite un changement culturel majeur », conclut-t-il. 

À propos de Coline Cornuot

Amoureuse des mots et des rencontres, Coline s’est lancée dans le journalisme sur un coup de tête il y a deux ans. Après une formation à l’IUT de Vichy (France), elle a traversé l'Atlantique pour venir étudier à Jonquière. Elle espère ainsi se plonger dans la culture québécoise et découvrir une nouvelle manière de pratiquer le journalisme. Engagée voire utopiste, Coline veut devenir journaliste pour donner la parole à ceux qui ne l’ont pas. En France, elle a pu faire ses armes au sein du réseau Radio France et du quotidien L'Est éclair. Elle est d’un naturel discret mais déterminé et se passionne pour tout un tas de choses, des sujets de société à l’aviron, en passant par la culture sous toutes ses formes. Une liste interminable de centres d’intérêts qui ne l’enferme pas dans un plan de carrière précis. Mais avec sa soif d’apprentissage et son goût du voyage, elle rêve d’être correspondante à l’étranger.

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