Prévention du suicide : briser le silence, le premier geste qui sauve

« Le verrou de pontet permet de se rendre compte de l’acte qu’on s’apprête à faire et de laisser un temps à la réflexion », affirme Alex Bourgeois (Photo : Diego Pinto de Queiros).
Ce jeudi 10 septembre, Journée mondiale de la prévention du suicide, les centres de prévention de la province, appuyés par les forces policières, ont multiplié les initiatives pour offrir un espace d’écoute et de conseils à celles et ceux qui en ont besoin.
Au Saguenay, et plus particulièrement à Chicoutimi, le Centre d’écoute et de prévention du suicide 02 a tenu un stand d’informations afin de sensibiliser tant les proches que les personnes directement concernées par les idées suicidaires.
L’objectif était d’outiller la population pour reconnaître les signes avant-coureurs, s’informer sur les verrous de pontet, distribués gratuitement sur place, et ainsi aborder le sujet du suicide à l’arme à feu, sans jugement, à l’occasion de la sensibilisation « Êtes-vous à l’abri du drame ? ».

Depuis 2023, le CEPS 02 couvre le Saguenay–Lac-Saint-Jean et Chibougamau–Chapais-Côte-Nord (Photo : Diego Pinto de Queiros)
D’après la coordonnatrice des services cliniques au Centre d’écoute et de prévention du suicide 02 (CEPS 02), Marie-Hélène Lapointe, la meilleure chose à faire, c’est de poser la question directement à la personne. « As-tu des idées suicidaires ? Sans détour. » Confronter la personne sur ses pensées ne provoquera pas son geste. Au contraire, cela peut lever le tabou, confie-t-elle.

Mai et décembre, avec 508 et 609 appels entrants, sont les mois les plus chargés sur les lignes d’appels (Photo : Diego Pinto de Queiros Source : CEPS 02)
Avec un nombre plus élevé d’appels entrants, le mois de décembre est perçu de deux façons différentes. « La période des fêtes apporte de la joie, mais aussi de la tristesse et de la détresse pour ceux qui sont seuls ou qui ont perdu un être cher », confie Marie-Hélène Lapointe.
« Le premier moyen de prévention, c’est de parler, de ne pas camoufler le mot et d’oser ouvrir des discussions autour du suicide. » Ce sont les mots du président-directeur général de l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS), Hugo Fournier, qui affirme que s’ouvrir permet de se libérer d’un poids qu’on porte seul. « Ne pas rester seul dans la souffrance et le désespoir. Tendre la main, c’est se donner le droit d’être sauvé », ajoute-t-il en appuyant sur l’importance de rester entouré.
Les jeunes, de plus en plus concernés
Hugo Fournier évoque le rapport de l’Institut national de santé publique du Québec, qui présente le taux de suicide restant trois fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes. Dans l’ensemble de la province, ce sont les adolescentes de 10 à 19 ans qui préoccupent l’AQPS.
Pour approcher les jeunes et les sensibiliser aux actes, l’AQPS annonce l’arrivée de Rafaëlle Roy, finaliste à La Voix en 2019, qui devient la nouvelle porte-parole de la prévention du suicide.
Atteindre cette jeune génération reste un défi. C’est aussi la mission des lignes d’aide, accessibles à tous, en tout temps.
Une nouvelle occasion de rappeler que les services d’écoute et d’urgence sont disponibles pour toutes personnes ayant besoin d’une aide. Gratuitement et de manière anonyme, vous pouvez appeler le 1866 APPELLE, le 9-8-8, envoyer un message au 535353 ou clavarder à suicide.ca. En cas d’urgence, contactez le 911.






