La Corse résonne dans une église de Chicoutimi

Les cinq « Cantadori » ont fait rayonner l’île de Beauté, à 5 000 kilomètres de là. (Photo : Maxence Gibault-Renault)
Ce ne sont pas les habituels chants sacrés qui ont empli l’église du Sacré-Cœur de Chicoutimi, lundi 21 septembre. Les notes avaient des accents plus méditerranéens. Et pour cause : l’ensemble Terra di Corsica a entamé sa tournée québécoise, une première expérience outre-Atlantique pour le groupe.
« Ça fait plus de dix ans qu’il n’y a plus eu de groupe corse au Québec », confie Paul-Antoine Tallarico, chanteur, directeur artistique de l’ensemble et organisateur de la tournée. « On a quand même une empreinte musicale corse assez forte ici. Ce public nous est cher et on a certaines pensées pareilles, beaucoup de choses en commun. On est comme cousins germains avec les Québécois. »
L’édifice religieux était plein à craquer, entre 800 et 1 000 curieux se sont massés, investissant massivement les deux niveaux de balcons. Dans le chœur, les cinq « Cantadori », chanteurs en corse, tous originaires de l’île de Beauté. Pendant près de deux heures, les notes de polyphonie corse ont résonné dans l’acoustique amplifiante d’une église. « La réverbe donne ce mouvement qui prend aux tripes. »
Centenaire et reconnu à l’UNESCO
Ce chant traditionnel à plusieurs voix, exclusivement masculine, est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO.
« Généralement, ça se chante à trois voix, mais nous, on est cinq. On ajoute un contrechamp et une basse, pour amener de la profondeur », poursuit Paul-Antoine Tallarico. « C’est un chant qui existe depuis des centaines d’années chez nous et qui n’a jamais été perdu parce qu’on l’a toujours perpétué. »
La pratique se transmet de génération en génération. Jacky et Paul-Antoine Tallarico incarnent cette passation. Respectivement chanteur principal et directeur artistique de l’ensemble, le père et le fils s’entourent du reste de la famille, cousin, mère ou marraine pour la tournée.
Les racines corses sont prédominantes dans les chants. Comme Corsica, du célèbre chanteur Petru Guelfucci. Ou l’hymne national corse, Dio vi salvi Regina, qui vient clôturer le concert.
Corsica, chanson de Petru Guelfucci, reprise par Terra Di Corsica. (Vidéo : Maxence Gibault-Renault)
À la sortie, le public est ravi. « Ça change tellement de l’ordinaire, on dirait un peu un chant grégorien. C’est à voir une fois dans sa vie ! », lance une spectatrice.
Le groupe a poursuivi sa tournée québécoise dans la semaine, passant par Sherbrooke, Victoriaville, Joliette et Longueuil.






