De plus en plus de psychologues migrent vers le privé 

30
0
Share:

Une doctorante en psychologie qui a essuyé un refus lors de sa première demande d’admission au doctorat à l’UQAC et qui fait maintenant son internat dans le secteur public. (Photo: Charline Lachance) 

C’est un psychologue sur quatre qui a quitté le secteur public de 2011 à 2023 selon l’Ordre des psychologues du Québec. Cette baisse reflète les conditions de travail de la fonction publique selon l’Association des psychologues du Québec.  

« La moitié des gens qui ont besoin de services en santé mentale ne reçoivent pas les services dont ils ont besoin. » Un phénomène lié au manque de psychologues engagé par l’état selon une professeure au baccalauréat en psychologie à l’Université du Québec à Chicoutimi, Linda Paquette.

« Cette pénurie nous préoccupe beaucoup parce que c’est souvent au public que les gens en ont le plus besoin », explique la présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, Karine Gauthier. 

Elle souligne que les psychologues ne sont pas toujours affectés au bon endroit. « On demande à certains psychologues d’animer des groupes de psychoéducation, et ça pourrait être correct si on avait beaucoup de psychologues, mais il y a d’autres professionnels qui pourraient le faire », soutient-elle.  

Certains psychologues sont même confrontés à devoir effectuer le travail d’un neuropsychologue, ce qui les empêche de se concentrer sur d’autres patients. « Beaucoup nous expliquent qu’ils ont de la difficulté à desservir leurs patients et à exercer leur jugement clinique », explique la présidente.  

C’est donc une charge de travail beaucoup plus élevée. Au privé ce sont les psychologues qui choisissent leurs patients et leurs approches professionnelles.  

Peu de nouveaux arrivants 

De plus, peu de psychologues s’ajoutent au lot en graduant de l’université. 

Au Québec, le nombre d’admissions au doctorat de psychologie demeure relativement bas. Des 2700 demandes effectuées en 2024, seulement 462 admis ont poursuivi au doctorat de psychologie. « C’est assez confrontant de se dire qu’on en fait beaucoup mais de jamais savoir si c’est assez », explique une doctorante en psychologie à l’UQAC , Stéphanie Gravel. 

 « L’essai doctoral prend beaucoup de temps de supervision alors, les professeurs ne peuvent pas prendre plus qu’un ou deux étudiants par année, explique Linda Paquette. C’est d’ailleurs pourquoi on admet seulement dix étudiants au doctorat de psychologie à l’UQAC. » 

L’Université du Québec à Chicoutimi accueille seulement 10 étudiants au doctorat en psychologie (Photo : Charline Lachance) 

Santé mentale chez les jeunes : un problème lié  

En 2023, un jeune sur quatre au Saguenay–Lac-Saint-Jean avait déjà été diagnostiqué d’un trouble du comportement alimentaire, d’anxiété ou de dépression, selon le CIUSSS. 

« Il est certain qu’offrir des services adéquats et à temps aux jeunes en détresse favorisera leur santé mentale », avance Linda Paquette.  

Toutefois, il est difficile d’offrir les services adéquats, puisque la demande pour les psychologues est trop élevée pour le nombre disponible, surtout au public. « Surtout pour nos jeunes qui vivent beaucoup d’anxiété, il serait favorable que la situation s’améliore », scande celle qui enseigne à l’UQAC. 

« Peut-être qu’au Saguenay-Lac-Saint-Jean les statistiques sont plus élevées, mais la santé mentale chez les jeunes est préoccupante pour l’ensemble de la province », rappelle la professeure.  

Pour tout type d’urgence liée à la santé mentale, contactez l’Info-Social 811. 

 

Share:
Avatar photo