Découvir le monde en solo

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 « C’est mon motif numéro un quand je voyage seule, c’est qu’il n’y a pas de compromis. » Pour Marie-Pier Cloutier, parcourir le monde seule, c’est la liberté. Pour la mère de famille de 34 ans, qui a visité 21 pays, dont 13 en solo, voyager est une passion. Partir à l’aventure, s’abreuver de nouveaux paysages plus beaux que le dernier, c’est ce qui l’allume depuis son premier périple dans l’Ouest canadien à 19 ans.

Xavier Pouliot | 2233264@etu.cegepjonquiere.ca

Pour plusieurs, quitter le nid pour partir outre-mer est un bon moyen de se ressourcer ou de se retrouver. C’est le cas de la Saguenéenne et voyageuse solo depuis près de 15 ans, Marie-Pier Cloutier. « Ce que je cherche toujours, c’est d’être dépaysée et émerveillée », témoigne Marie-Pier.

Les compromis

Marie-Pier Cloutier lors d’un voyage en Écosse. (Photo : Marie-Pier Cloutier)

Voyager en groupe, c’est devoir trouver un terrain d’entente entre tout le monde. Faire des compromis pour savoir où manger, où dormir, quelle sera l’activité du jour. À l’inverse, les voyageurs solos ont la pleine liberté quant aux décisions du voyage. C’est entre autres ce qui allume Marie-Pier dans ses périples. « Tu fais ce que tu veux quand tu veux. Pis y’a pas souvent dans une année que tu ne fais pas de compromis pour personne. Tu fais juste ce que tu veux quand ça te tente. »

Marie-Pier est maintenant une jeune mère et commence de plus en plus à transmettre sa passion au reste de sa famille. Elle voyage en moyenne une fois par année avec son conjoint et ses enfants.

Depuis environ trois ans, c’est un à deux voyages par année pour Marie-Pier. Elle a trouvé une sorte « d’entente » avec son conjoint qui lui permet de partir seule plusieurs jours, voire quelques semaines, par année afin de perpétuer sa passion pour la découverte et l’émerveillement.

Un sentiment de liberté

Caroline Bergeron est aussi une voyageuse solo. Les périples en vanlife l’allument particulièrement. Étant une grande amatrice de camping dans sa jeunesse, elle a repris la piqûre lors de la pandémie.

Elle avait recommencé le camping tout en consultant les groupes Facebook de minifourgonnettes modifiées. « De fil en aiguille je me suis dit ²oh mon dieu, mais c’est ça que je veux faire². » À n’importe quel moment de libre, c’est un départ pour Caroline. Il arrive souvent qu’elle quitte pour 3-4 jours sur la Côte-Nord le vendredi après le travail. La liberté de pouvoir partir à tout moment, c’est réellement ce qui l’enchante dans son mode de vie.

Depuis l’acquisition de son bolide en 2022, Caroline a voyagé en Gaspésie et a comme objectif la Cabot Trail en Nouvelle-Écosse dans la prochaine année. « C’est sûr qu’un jour j’aimerais y vivre [dans sa fourgonnette] à temps plein, mais ça, c’est une autre game », a-t-elle avoué en parlant de son rêve le plus fou.

En plus du sentiment de liberté et de laisser-aller que lui apportent ses voyages, Caroline avoue son besoin de décrocher. « Mais aussi de mon travail, une déconnexion complète de tout être humain […] c’est ça qui me fait du bien et je recharge mes batteries », raconte-t-elle.

Impacts sur la santé mentale

Caroline Bergeron se dit une personne très anxieuse. Partir à l’aventure dans sa fourgonnette, en nature, loin de tout et de tout le monde, c’est ce qui lui permet de décompresser et de se concentrer sur elle-même. « Je ne sais pas si ça fait travailler un autre aspect de mon anxiété, mais des fois quand je fais de la route j’ai peur… mais pas quand je m’en vais […] vu que je suis prise tout le temps dans quelque chose, on dirait que c’est plus anxiogène que quand je suis libre », témoigne la voyageuse.

Selon Marie-Pier Cloutier, voyager seul c’est « la meilleure façon d’apprendre à se connaître » et il n’y a rien de mieux pour son estime de soi que d’être à l’autre bout du monde et de s’épanouir. Ça l’aide à se retrouver et à se sentir d’attaque face à toute épreuve lors de son retour. Tandis que pour Caroline Bergeron, découvrir les régions du Québec à bord de sa maison roulante, la fait grandir et retrouver ses sens.

Où et comment voyager en solo ?

Le site internet de voyage Les Vols d’Alexi a publié une liste des 15 meilleures destinations à voyager seul. Quand on pense voyage solo, on pense souvent à la nature et aux randonnées. Le blogue quant à lui suggère les deux extrêmes.

La liste propose aux voyageurs des parcs naturels comme le Parc national des Glaciers dans le Montana, la région de Whitehorse au Yukon, etc. S’y retrouve aussi des villes historiques à la culture riche. Des villes comme Paris, Londres, Lisbonne, Mexico City. Tout dépend de ce que l’aventurier recherche.

Pour Marie-Pier, la clé de ses voyages, ce sont les auberges jeunesse. « Moi je trouvais le meilleur des deux mondes. Je voulais être seule, j’étais seule. Mais si un soir je voulais être avec du monde, je commençais à parler à des gens un peu partout », explique-t-elle.

Les auberges de jeunesse représentent le côté social des voyages en solo. Elles permettent de rencontrer des gens et de se lier d’amitié le temps d’un séjour. « Si tu t’ennuies, c’est l’fun aussi », croit Marie-Pier. La voyageuse mentionne que malgré son âge qui « n’est plus si jeune », elle fréquente encore ces établissements.

Elle conseille aussi d’effectuer des recherches sur les endroits que l’on visite. « Il y a vraiment différentes sortes de pays. L’Europe c’est une chose, l’Asie du Sud-Est c’est une chose, l’Amérique du Sud c’est une chose. Tout va avec combien de budget tu as, c’est quoi le dépaysement que tu recherches parce qu’ils ne dépaysent pas de la même façon », soutient-t-elle.

Marie-Pier assume qu’elle continuera toute sa vie de de parcourir le monde avec son sac à dos et son envie de se découvrir tout en découvrant les pays qu’elle visite.

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