Le bilan mitigé de la chasse à la grue au Saguenay

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Chasse à la grue au Saguenay

Chaque automne, près de 5 000 grues du Canada s’arrêtent au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Leur présence cause des dommages aux cultures. Pour tenter de limiter ces dégâts, une chasse expérimentale était autorisée pour la première fois au Québec, du 12 au 25 septembre, avec une limite de chasse d’une prise par jour et par chasseur.  

« Depuis une dizaine d’années, on a vu le nombre de grues exploser », déplore le chasseur de la pourvoirie le Goose Shack, Maxime Bouchard.   La chasse était donc la solution envisagée ces deux dernières semaines pour limiter cette population grandissante.   

Cette mesure fait suite aux demandes répétées des producteurs agricoles. Depuis une dizaine d’années, la population de grues a fortement augmenté dans la région et augmente d’environ 9 % par année. Les oiseaux se regroupent notamment dans les champs de céréales, où ils mangent et piétinent les cultures. On peut parfois en retrouver plus de 200 dans un même champ. La zone la plus touchée se situe au nord du Lac-Saint-Jean, entre Normandin et Saint-Cœur-de-Marie.  

Jean-Thomas Maltais, président de l'Union des Producteurs Agricoles

« C’est simplement un animal de plus qui fait des ravages », déclare le président de l’Union des producteurs agricoles du Saguenay, Jean-Thomas Maltais. Pour les producteurs, la grue s’ajoute aussi à d’autres animaux qui causent déjà des dommages aux cultures, comme les oies blanches, les bernaches, les ours ou encore les chevreuils.  

  

La limite d’une grue par personne pose un problème  

La fin de semaine dernière, une cinquantaine de chasseurs de la région se sont notamment déplacés. Pour le chasseur Maxime Bouchard, ces deux semaines de chasse ne sont pas suffisantes pour contrôler la population de grues. « Même si la région est composée de beaucoup d’adeptes de chasse, le fait qu’elle soit limitée à une seule prise est un facteur contraignant, ça la rend difficilement populaire. Si rien ne change, cette chasse va être difficile à faire connaître. » Au total, entre 100 et 200 grues, seulement, ont été tuées au cours des deux semaines autorisées. Un bilan assez faible mais qui n’étonne pas les organisateurs qui n’espérai pas mieux pour une première chasse expérimentale.  

Les chasseurs souhaitent donc que l’expérience soit reconduite l’automne prochain, avec une limite qui pourrait être revue à la hausse, notamment à deux grues par personne.  

Du côté des producteurs agricoles, l’objectif est surtout de poursuivre les différentes initiatives permettant de réduire les dommages causés par les grues dans les champs. « Il nous faudrait de bonnes assurances agricoles pour bien pallier les dommages, car « on est content » de les nourrir, mais il ne faut pas que ça impacte nos revenus », conclut Jean-Thomas Maltais. 

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