Au tour de Jonquière d’être conquise par « La meilleure façon, c’est par accident »

La salle François-Brassard était extraordinairement pleine pour le Ciné-Club du 26 octobre, alors qu’était présenté La meilleure façon, c’est par accident en présence de sa réalisatrice. (Photo : Charles Pinel)
Le Ciné-Club de Jonquière a attiré la deuxième plus grosse foule de son histoire lundi soir, alors qu’était présenté le film de l’heure au Québec, La meilleure façon, c’est par accident. Pas moins de 478 spectateurs étaient rassemblés à la salle François-Brassard pour assister à l’unique projection à Saguenay du documentaire de Noémie D. Leclerc.
« C’est une grosse fierté. C’est un film qui est hyper touchant et rassembleur, donc de pouvoir le présenter chez nous, pour sa seule projection [à Saguenay] et en plus avec la réalisatrice ici, c’est vraiment une grosse fierté », affirme le directeur général du Ciné-Club de Jonquière, Marc-André Houde.

L’équipe du Ciné-Club de Jonquière, posant avec Noémie D. Leclerc (tuque rose), a réussi un grand coup en obtenant la seule projection du documentaire à Saguenay. (Photo : Charles Pinel)
Le public jonquiérois a visiblement été plu par cette prise du Ciné-Club. Comme le veut la coutume à Jonquière, les spectateurs pouvaient faire connaitre leur appréciation du film à la sortie de la salle. Des 478 personnes présentes lundi, aucune n’a laissé de commentaire négatif à son sujet.

Les spectateurs ont offert plusieurs ovations au film et à sa réalisatrice. (Photo : Charles Pinel)
Une séance de questions-réponses d’une trentaine de minutes avec la réalisatrice a suivi la projection. Les spectateurs sont restés par centaines pour la questionner et l’écouter se livrer sur ses inspirations, ses motivations et ses fiertés.
L’exercice a donné lieu à des moments tantôt touchants, tantôt cocasses selon les anecdotes que partageait Noémie. Elle a notamment confié à la foule les doutes qui l’habitaient avant la sortie du film. « Moi, je pensais qu’elles allaient être à chier, les critiques. Je ne connaissais pas ça le cinéma, je ne faisais pas partie du milieu, relate-t-elle. J’ai fait mon film avec mon cœur, c’est ça qui ressort beaucoup et je suis vraiment contente que le monde braille autant que moi. »

La séance de questions-réponses était animée par le DG du Ciné-Club, Marc-André Houde. (Photo : Charles Pinel)
Cette approbation des critiques et du public, Noémie la reçoit avec reconnaissance. « Je trouve ça hot, je suis contente, je suis fière », confie-t-elle, expliquant que cette vague d’amour lui permet de mieux assumer son rôle d’artiste. « J’ai quand même l’impression d’avoir fait une œuvre à part entière maintenant. »
Une soif de liberté
Son inexpérience et sa méconnaissance du milieu, Noémie les a tournées en avantage. « Mon but, c’était vraiment d’être fière de moi, puis d’être la plus authentique dans ce que j’avais à montrer, même si ça passait par une image croche. » Au diable les cadres et les conventions! « Le but du film, ce qu’il veut dire, c’est “Prenez vos caméras, filmez l’ordinaire, filmez votre mère un mercredi matin, filmez comment les rayons de soleil rentrent dans votre chambre.” On a tendance à filmer les feux d’artifice, puis filmer les shows, mais on oublie l’ordinaire. »
Ce but, il est atteint avec brio. S’inspirant des codes du cinéma direct, La meilleure façon, c’est par accident suit des proches de Noémie D. Leclerc dans leur quotidien. Après la mort de son père adoptif, la réalisatrice a été submergée par une pulsion de rendre immortels les gens qu’elle aime. Elle les a donc filmés sur pellicule, les questionnant sur leurs plus grands rêves, leurs expériences et leur rapport avec la mort. À cela se mêlent des images d’archives filmées par Noémie tout au long de sa vie, permettant au film de forger sa propre identité.
On y trouve aussi des coulisses du tournage, filmées à son insu par son amoureux, Hubert Lenoir. Le musicien excentrique est d’ailleurs le compositeur de la trame sonore du documentaire. Le couple n’en est pas à sa première collaboration : en 2018, la paire avait fait paraitre l’album-livre concept Darlène, où Lenoir signait la musique et Leclerc, elle, le roman.






