mardi , 19 février 2019
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Changements climatiques

Pénurie de bière en vue d’ici 2050

La Voie Maltée fait partie des 17 entreprises brassicoles au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Photo: Guillaume Pelletier

L’été chaud et sec a fait bondir les chiffres d’affaires des microbrasseurs du Québec. Cependant, à long terme, la hausse des températures causera des sécheresses qui pourraient amener avec elle une pénurie de bière. Pour l’instant, cette perspective n’inquiète pas les microbrasseries régionales.

L’augmentation de la température annuelle affectera de manière importante la production d’orge. C’est du moins ce qu’ont mentionné des scientifiques dans la revue Nature Plants. Cette céréale est à la base du processus de fermentation de la bière.

Le responsable de la Chaire en éco-conseil de l’UQAC, Claude Villeneuve mentionne dans une chronique publiée dans Le Quotidien que la fragilité de l’orge à la sécheresse et la chaleur ont déjà contraint plusieurs agriculteurs dans le sud du Québec à délaisser cette céréale.

Les impacts du réchauffement climatique n’inquiètent pas outre mesure les brasseries régionales. «Actuellement, l’augmentation probable du prix du grain ne nous inquiète pas. C’est certain que les changements climatiques sont un enjeu qui nous préoccupe», mentionne l’un des copropriétaires de Pie Braque, Simon Mélançon. La chaleur de l’été 2018 s’est traduite par des ventes records chez les brasseries de partout au Québec. Pour ce maître brasseur, il est difficile de pouvoir comparer avec les années antérieures. «Ça fait seulement un an que nous embouteillons notre bière, c’est donc impossible de pouvoir comparer les revenus.» La jeune entreprise se dit satisfaite des profits engendrés lors de sa première année d’activité.

L’Asie avant la sécheresse

À La Voie Maltée, on mentionne que les changements climatiques influenceront l’approvisionnement en orge. Cependant, d’autres facteurs causeront sa pénurie bien avant la sécheresse.

À moyen terme, l’émergence de brasseries en Asie deviendra un problème. «Les pays asiatiques sont de 10 à 15 ans en arrière sur les pays occidentaux dans la fabrication de bières. Quand ils vont commencer à en produire, la demande en orge sera trop grande pour la quantité disponible», souligne le directeur des ventes et marketing de la microbrasserie, Carl Fleury.

L’homme d’affaires indique qu’à l’heure actuelle, le défi de La Voie Maltée est de s’approvisionner en houblon, une plante procurant le côté parfumé à la bière. «Présentement, il n’y a pas beaucoup de producteurs de houblon au Québec. Certains agriculteurs sont d’ailleurs en train de se tourner vers la culture de cette plante, car l’approvisionnement y est déficient pour les microbrasseries.»

Depuis 2011, le nombre d’entreprises brassicoles a plus que doublé au Québec, passant de 87 à 207, selon l’Association des microbrasseries du Québec.

À propos de Guillaume Pelletier

Alors que les jeunes de son âge écoutaient Télétoon et lisaient Geronimo Stilton, Guillaume préférait regarder Le Téléjournal et feuilleter le journal. Passionné par le hockey et la politique, il a eu la piqûre pour le journalisme lors d’un stage d’un jour au Courrier du Sud en 2013. Ayant un très bon sens de l’observation, ce Brossardois d’origine a toujours aimé connaître le pourquoi et le comment des choses. Plus récemment, il a travaillé comme journaliste aux communications étudiantes universitaires de Chicoutimi pour la période estivale. N’essayez surtout pas de lui apprendre une nouvelle toute chaude, il la connaît probablement déjà, lui qui est branché sur l’actualité au quotidien.

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