mardi , 10 décembre 2019
Accueil / Actualités / Médicaments génériques | Sans risque pour la santé, ou pas?
Médicaments génériques

Sans risque pour la santé, ou pas?

La bioéquivalence des médicaments génériques fait l’objet de controverses. Photos: Ann-Sophie Gagné

Y a-t-il une réelle différence pour la santé entre un médicament original et un médicament générique? De manière générale, non. Les médicaments originaux et les médicaments génériques contiennent les mêmes ingrédients actifs, c’est-à-dire qu’ils sont bioéquivalents et doivent répondre aux mêmes normes auprès de Santé Canada. Toutefois, ils «peuvent» provoquer des effets différents chez les patients.

«L’original est protégé par un brevet d’environ 20 ans à partir du moment où on a trouvé sa molécule. Après, les autres entreprises pharmaceutiques peuvent commercialiser rapidement des génériques en passant par Santé Canada», explique la pharmacienne propriétaire de succursales Jean Coutu à Chicoutimi, Julie Asselin. Ainsi, le médicament générique est en quelque sorte une «copie» de l’original.

La différence se trouverait plutôt au niveau des ingrédients inactifs (excipients). «Ils ont la même molécule chimique, mais ce sont les excipients qui diffèrent», explique Mme Asselin. Ces ingrédients, tels que le lactose ou le colorant, donnent au médicament sa forme pharmaceutique et peuvent être totalement différents d’un original à son générique.

Pour un générique, une marge de biodisponibilité de 20 % est permise par Santé Canada. La biodisponiblité est la proportion du médicament qui se retrouve dans le sang des patients. Selon la professeure au département des sciences infirmières de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Jacinthe Leclerc, c’est ce qui pourrait faire toute la différence. «Comme les ingrédients inactifs diffèrent beaucoup, ça peut faire varier la quantité de l’ingrédient actif qui se rend à la circulation sanguine», déclare-t-elle. Autrement dit, les excipients, qui divergent d’un original à un générique, «pourraient» affecter la manière dont le médicament est absorbé et causer des effets secondaires.

Les différences entre les médicaments originaux et les médicaments génériques se trouvent au niveau des ingrédients inactifs et du coût.

Une étude publiée en 2019 concernant un médicament générique très populaire du nom de clopidogrel (Plavix) a pu démontrer qu’il y avait une augmentation de 20 à 21 % des visites à l’hôpital chez les patients québécois qui sont passés de l’original au générique. «Il faut accumuler plus de preuves pour qu’on puisse en arriver à une conclusion claire, mais notre étude confirme les doutes de plusieurs», reconnait la professeure en tête de l’étude, Jacinthe Leclerc.

Le prix moindre des médicaments génériques, qui sont environ 40 % moins coûteux, joue aussi dans la balance. En gros, ceux-ci sont économiquement avantageux pour l’ensemble de la société: autant pour les patients que pour le gouvernement qui a intérêt à réduire les coûts liés à la consommation de médicaments.

«Il demeure entre les mains des patients de surveiller la présence de symptômes, s’il y a lieu, lors de la prise d’un médicament générique, explique la professeure Jacinthe Leclerc. De manière à diminuer les risques, les pharmaciens doivent aussi faire la part des choses en étant prudents lors de la substitution.» Pour le moment, il n’est pas prouvé hors de tout doute qu’un médicament générique a une incidence négative sur la santé. «Ce n’est pas le temps d’arrêter son médicament générique», conclut-elle.

À propos de Ann-Sophie Gagné

Ann-Sophie Gagné
Originaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Ann-Sophie n’a pas la langue dans sa poche. Acrobate de la langue de Molière, elle écrit et lit des briques depuis son jeune âge. Tout ce qui touche le monde des médias la passionne, mais elle a toujours eu un faible pour la communication orale (et l’application d’un humour quasi raffiné au quotidien). Apprendre à connaître les gens et leur histoire, c’est précieux pour Ann-Sophie. De belles discussions et des entrevues, elle en raffole. Devant une caméra, elle se sent vivante. Directrice du webmagazine La Cerise depuis plus d'un an, elle aime se donner des défis et laisser sa trace un peu partout où elle met les pieds. Comment décrire sa personnalité en quatre mots ? Passionnée. À. Temps. Plein.

À voir aussi

Josée Néron appuie le Publisac

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a confié au Quotidien cette semaine qu’elle défend fermement …