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Contamination des aliments en vrac

Les commerçants doivent s’impliquer

Des pelles laissées sur les bacs à la portée de tous, des compartiments à la hauteur des enfants et facilement accessibles, peu de surveillance; voilà ce à quoi sont souvent confrontés les clients qui fréquentent des commerces de vrac. Toutefois, malgré ces constatations, les aliments vendus en vrac ne sont peut-être pas si contaminés que la scène ne le laisse croire.

La chercheuse en salubrité des aliments à Agriculture et Agroalimentaire Canada, Evelyne Guévremont, estime qu’il n’y a pas encore d’évidences scientifiques que la propagation de bactéries est plus importante pour les aliments vendus en vrac.

L’auteure du blogue La Foodie scientifique, Anne-Marie Desbiens, estime que ce ne sont pas toutes les épiceries en vrac qui sont égales en ce qui concerne la salubrité.  Elle croit que les épiceries libre-service peuvent comporter de plus grands risques en matière d’hygiène.

Dans certains commerces offrant des produits en vrac, les contenants sont facilement accessibles. Photo : Lilia Gaulin

Les techniques utilisées afin de prendre les aliments sont primordiales. «Il faut toujours faire attention de bien appliquer les bonnes pratiques de salubrité, c’est-à-dire s’assurer que les ustensiles utilisés sont propres et que les gens vont manipuler adéquatement les aliments. Il faut garder à l’esprit que les aliments ne sont pas tous égaux par rapport à la contamination. Il y en a qui sont plus à risques que d’autres.» La chimiste souligne que les aliments secs comme la farine, les noix et les pâtes alimentaires ont moins de risque d’être contaminés, car ils contiennent moins d’eau. Ce liquide est nécessaire au développement des bactéries.

«Si l’aliment est chauffé, on détruit les micro-organismes qui auraient pu se retrouver par inadvertance dans le produit», illustre celle qui travaille au Centre de recherche et de développement de Saint-Hyacinthe.

Le magasin a également sa part de responsabilité. «C’est de la plus grande importance que les commerçants s’assurent de nettoyer les ustensiles à la fin de la journée. Les clients qui apportent leurs pots doivent être certains qu’ils sont bien nettoyés», affirme Mme Guévremont.

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) inscrit sur son site web que: «En général, il n’y a pas d’émission de permis pour la vente en gros, sauf pour les produits carnés (viandes) et les produits marins.»

Attention aux contaminations

Les contaminations croisées sont une source de tracas pour de nombreuses personnes. «Si le contenant est contaminé ou sale, on va introduire un contaminant dans notre produit. Il faut s’assurer que les personnes qui achètent après nous ne soient pas pénalisées», fait valoir la chercheuse.

Le MAPAQ souligne qu’il est «possible de vendre en vrac, sans emballage, plusieurs produits alimentaires, pour autant qu’ils soient disposés de façon à prévenir leur contamination. Ils doivent être placés dans des contenants fermés et accompagnés des ustensiles appropriés.» Selon Mme Guévremont, disperser les aliments par secteur dans le magasin réduit les chances de contaminations croisées.

D’après Evelyne Guévremont, manger des aliments en vrac n’accentue aucunement le risque de maladies. «Il n’y a aucune évidence. Si on regarde les données de toxi-infections alimentaires ou de gastro-entérite, on ne voit pas de tendance émergente. Globalement, il n’y a pas davantage de risques à consommer du vrac.»

La Pige a tenté de joindre le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, mais les porte-paroles n’étaient pas disponibles pour répondre à nos questions.

À propos de Lilia Gaulin

Originaire de l’Estrie, Lilia est passionnée par le sport depuis son plus jeune âge. Joueuse de soccer et de hockey, elle a le rêve un peu fou de couvrir les Jeux olympiques. À son arrivée à Jonquière, elle confirme sa passion pour le monde envoûtant de l’actualité, ce qui vient brouiller les cartes de son avenir. L’ensemble des domaines l’intéresse, mais elle a un petit faible pour l’actualité sportive. Indécise entre la presse écrite, la télévision et la radio, Lilia souhaite toucher à tous les types de médias. L’été dernier, elle a eu le plaisir de travailler en tant que pigiste au journal La Tribune. Cette expérience plus qu’enrichissante est venue assurer son choix de carrière. Le journalisme est pour elle une façon de donner une voix aux gens.

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