La danse Kalbeliya en péril

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La conférencière Amrita Choudhury portant l’un des habits traditionnels de l’Inde.

Lors de la conférence La Route des gitans de Kalbeliya du Rajasthan, Amrita Choudhury a déploré la perte progressive de la culture et de la danse de ce peuple de l’Inde au profit de l’industrialisation et du cinéma musical indien, Bollywood.

« Bollywood, c’est très commercialisé: dans les Bollywood modernes, il n’y a pas beaucoup de culture et de danses indiennes »,  a continué la professeure pour Les Grands Ballets Canadiens de Montréal ce samedi, à la salle Marguerite-Tellier de la Bibliothèque de Chicoutimi.

Inscrite à la liste du patrimoine culturel de l’humanité de l’UNESCO, la danse Kalbeliya est inspirée du serpent. L’animal, pour le peuple, représente la fluidité du flux d’énergie dans le corps, mais également l’énergie créative, sensuelle et financière. Alors que les hommes jouent du punji ou du khanjari, aussi utilisés pour «charmer» le reptile,  les femmes dansent.

Puisqu’elle est utilisée dans l’industrie touristique, la danse est d’ailleurs un moyen de survie pour le peuple de Kalbeliya. Selon Mme Choudhury, c’est là le principal problème: ce qui était autrefois un mode de vie est devenu une performance. «Cela [la danse et la musique] reflétait les cérémonies religieuses, les mariages, les naissances, les décès. C’était leur mode de vie.»

Malgré ce changement, la danse Kalbeliya reste cependant connectée au serpent, notamment dans les mouvements en spirales. Ils ont comme signification le flux continu de la vie: la création, la préservation, la destruction et la recréation et ce, de façon continue. Pour le peuple, tout a une signification, une intention et il faut visualiser, pas seulement danser.

Leur danse est aussi reliée au dieu hindou Shiva : il représente l’énergie masculine et le serpent est son disciple. En plus de l’énergie masculine, l’énergie féminine, Shakti, est prise en compte. «Elles sont très importantes parce que ça équilibre toutes les parties de notre corps, de notre esprit», a terminé Amrita Choudhury.

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