Reposer en paix de manière écologique

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La préoccupation environnementale dans le domaine funéraire est peu présente dans la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Les gens ne connaissent pas les alternatives écologiques qui s’offrent à eux. C’est le constat que l’on tire après avoir interrogé plusieurs acteurs du milieu.

L’appareil d’aquamation acquise par le propriétaire du salon funéraire Le Sieur de Graby, Éric Le Sieur

«Les gens sont encore peu informés», explique le thanatologue et responsable de la Corporation des cimetières catholiques de Chicoutimi, Martin Taché.

L’organisation du cimetière de Saint-Honoré a récemment fait un virage vert. Il propose depuis l’été 400 emplacements écologiques. Seulement six ont été réservés et un seul pour un cercueil sans clou, sans teinture et en jute à l’intérieur, confirme Martin Taché. Selon lui, «le manque de visibilité expliquerait cette lente progression».

Au cours de la dernière année, les Résidences funéraires Gravel et Fils n’ont eu à remplir pour leur part qu’une seule demande d’enterrement d’un corps écologique. Pourtant, ils répondent à plus de 800 familles chaque année.

«Il est toutefois important d’apporter une nuance. Il n’y a que 6-7% des gens qui vont vers un enterrement traditionnel. Les gens optent donc en grande majorité pour la crémation traditionnelle» précise la directrice générale des Résidences funéraires Gravel et Fils, Kathie Gravel

La crémation reste une solution extrêmement polluante. Selon une étude réalisée en 2011, par des étudiants à la maîtrise de l’École de technologie supérieure et de l’École Polytechnique à la demande de la Fédération des coopératives funéraires du Québec, on apprend que «les étapes autour de la combustion du corps et du gaz naturel libèrent 762 kg de CO2 (environ un vol aller-retour Montréal-Paris)». Il y a eu des améliorations depuis, mais cette méthode continue de soulever d’importants problèmes.

Alternative

Au salon funéraire Le Sieur de Granby, le propriétaire Éric Le Sieur s’est muni, il y a quelques années, d’un équipement pour procéder à l’aquamation. Le processus est simple, il suffit de plonger le corps dans une cabine qui sera remplie d’une solution de sodium et de potassium avec 300 litres d’eau à 96 degrés Celsius. «Le résultat serait le même que la crémation traditionnelle, mais écologique», assure-t-il.

«C’est assurément un processus d’avenir! Par contre, le délai est très long comparativement à la crémation traditionnelle et il y a peu de demandes pour l’instant. La technologie s’améliorera», conclut Kathie Gravel.

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