Un surplus de photographes dans la région

« La photographie est rendue très banalisée », critique le photographe et commerçant de matériel relié à la photographie, Mario Cloutier. D’après lui, les photographes de la région sont victimes d’un surnombre et les contrats sont difficiles à obtenir.

Selon Emploi-Québec, il y avait plus de 3 500 photographes professionnels dans l’ensemble du Québec en 2018. Crédit photo : Mario Cloutier

 

Les appareils numériques sont simples à manipuler et moins dispendieux qu’avant. M. Cloutier ne considère pas cela comme une bonne nouvelle. « Ça s’achète un appareil numérique et ça s’improvise photographe ! […] La photographie a perdu sa noblesse depuis quelques années », explique le passionné avec déception.

La photographe et propriétaire du studio Pigment B à Jonquière, Marilyn Bouchard, est elle aussi consciente du problème, mais remarque que la demande est de plus en plus forte. « Mon père, il a peut-être une photo de lui quand il était bébé, mais maintenant on a pas deux ans et on a déjà des millions de photos de nous », témoigne l’artiste.

Le nerf de la guerre, c’est que les photographes amateurs chargent très peu pour des séances, comparativement aux professionnels. Les clients sont donc tentés d’économiser et de prioriser les bas prix, ce qui diminue le nombre de contrats qu’un spécialiste obtient. « Normalement, un photographe professionnel demande 200$ ou plus pour un contrat de photo. Aujourd’hui, tu en as qui le font pour 50$. […] Les gens pensent à leurs poches avant tout, ils vont aller voir le photographe le moins cher, se désole M. Cloutier. Sauf que souvent, ils reviennent déçus. »

Covid-19 et événementiel

La pandémie apporte aussi son lot de problèmes. Certains photographes de métier, comme Johanne Cormier, obtiennent la majorité de leurs contrats par l’évènementiel.

« Les évènements étaient coupés un à un, c’est donc devenu difficile pour la photographie. C’est très tranquille en ce moment », a mentionné celle qui évolue dans le domaine depuis plus de 20 ans.

Futur

Selon Emploi-Québec, il y avait plus de 3 500 photographes professionnels dans l’ensemble du Québec en 2018. Mario Cloutier ne voit pas le futur du métier d’un bon œil. « Je ne crois pas que le métier a un futur. Je crois que cela va s’éteindre dans quelques années. Les photographes qui font pignon sur rue, ils ne font plus d’argent. Ça les frustre », explique-t-il.

Pour Mme Bouchard, son travail n’est pas du tout en train de disparaître. « Peut-être qu’il va falloir changer nos habitudes, “s’upgrader”, mais je suis certaine que le monde va toujours avoir besoin de photos », explique-t-elle.

À propos de Élodie Drolet

Élodie est une jeune femme déterminée, sociable, créative et travaillante. Elle est très fière d’être originaire de la colorée, dynamique et magnifique ville de Québec. C’est d’ailleurs cet environnement stimulant qui l’a poussée à développer et nourrir sa grande curiosité. Élodie adore se renseigner et discuter de sujets comme la technologie, l’histoire, les sports, les enjeux sociaux, la politique, l’environnement, la culture et les voyages. Pendant son parcours scolaire, elle en a profité pour apprendre l’anglais, s’impliquer dans divers projets entrepreneuriaux et surtout partir en Thaïlande et en Europe. Ce sont ces deux expériences d’indépendance qui l’ont motivée à faire le grand saut et à déménager seule au Saguenay pour les études supérieures. Cette jeune femme ambitieuse sait se démarquer par ses idées créatives, sa débrouillardise et son leadership peu importe le milieu.

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