Familles d’accueil : des allers-retours perpétuels

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Une ancienne famille d’accueil de la DPJ déplore les multiples allers -retours vécus par les enfants et qui se traduisent souvent par des troubles de comportement.  

La réaction des parents à la perte de leur enfant est très importante pour l’intégration du jeune dans sa nouvelle famille. (Photo : Alexis Harvey)

« S’ils ont été sortis de leur famille c’est pour des raisons. Quand ils reviennent de leur famille biologique, il faut que tu les recadres », raconte la mère d’une ancienne famille d’accueil, Karine St-Gelais. Le jeune qui était sous sa responsabilité retournait dans sa famille une fin de semaine par mois. Lorsqu’il revenait d’un séjour dans son autre milieu de vie, il changeait totalement de comportement. Il ne voulait pas aller dormir et se réveiller aux heures habituelles, il voulait manger n’importe quoi, à n’importe quelle heure. 

 Mme St-Gelais devait également prévoir des vêtements particuliers pour les passages du jeune chez ses parents, puisqu’ils pouvaient revenir sales, brisés ou ils parfois même ne tout simplement pas revenir. « Tu lui achètes une belle paire de chaussures. Elles reviennent toutes sales », se souvient-elle. 

Ce qui a été difficile pour Karine St-Gelais et son conjoint en tant que famille d’accueil est le laisser-aller. Même s’ils se sont occupés de cet enfant comme s’il était le leur, il ne l’était pas. Les parents restent toujours dans le décor. 

Par exemple, les parents biologiques doivent donner leur accord pour certaines activités que la famille d’accueil souhaite effectuer avec le jeune. Elle a, par exemple, dû faire signer une autorisation écrite pour permettre à son conjoint et à elle de faire de la motoneige avec leur jeune. 

« Les parents ont tous une chose en commun : ils adorent leur enfant. C’est extrêmement rare ceux qui veulent nuire », explique pour sa part l’intervenante sociale au Centre jeunesse du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Christine Baron. Bien que les parents biologiques veuillent le meilleur pour leur enfant, il peut arriver que la perte du rôle du parent cause une détresse chez eux, qui pourrait impacter l’enfant. 

La réaction des parents à la perte de leur enfant peut également influer énormément sur l’intégration de celui-ci dans son nouveau milieu de vie selon Christine Baron. Elle ajoute que si leur attitude est plutôt négative, le jeune pourrait développer un conflit de loyauté, et se sentir coincé entre les deux familles et avoir plus de difficulté à s’engager dans sa nouvelle maison. 

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