Artisans de la scène : « la pandémie a eu raison de ma carrière »

Grâce à son contrat annuel, Frédéric Maltais a pu continuer sa carrière de directeur technique. Photo : Martin Patry

 

« La pandémie a eu raison de ma carrière, je ne pouvais plus continuer comme ça », confie l’ancienne technicienne de scène Marijo Brissette. Depuis maintenant deux ans, la pandémie de COVID-19 impacte considérablement les artisans de la scène. En raison du manque de spectacles, de nombreux techniciens ont dû abandonner leur univers pour retrouver une stabilité financière.

Les mesures sanitaires concernant les salles de spectacle ne cessent d’évoluer depuis le début de la pandémie. Aujourd’hui encore, de nombreux spectacles sont reportés et le milieu culturel est plus instable que jamais. « La pandémie a décuplé l’instabilité financière de ce milieu », explique Marijo Brissette, qui travaille désormais dans le domaine de l’échafaudage industriel. « En 2020, je suis restée six mois sans travailler et je ne pouvais pas continuer comme ça. Abandonner mes 13 ans de carrière n’a pas vraiment été un choix, mais au départ, je pensais que ce ne serait que temporaire. »

Selon le directeur technique de l’Espace Côté-Cour à Jonquière, Frédéric Maltais, les salles de spectacle font aujourd’hui face à un manque de main-d’œuvre. « En deux ans, je dirais que l’on a perdu un quart de nos techniciens. La plupart ont décidé de changer de domaine en raison du manque de spectacles, qui a engendré une baisse importante de leurs revenus. Personnellement, j’ai un contrat annuel qui me permet d’avoir des revenus stables, mais si je n’avais pas eu ce contrat, je serais parti moi aussi. »

Les artistes redoublent d’efforts pour survivre

De leur côté, les artistes mettent tout en œuvre pour rester à flot. « C’est sûr que j’ai une grosse baisse de revenus à cause de la pandémie, mais je réussis à survivre malgré tout », confie le chanteur Bruno Rodéo. « En ce moment, j’ai un contrat en tant que technicien sur la tournée d’un autre artiste et je profite du manque de spectacles pour travailler sur mon nouvel album. Je mets vraiment les bouchées doubles pour avoir des revenus suffisants. » Pour rappel, le dernier album de l’artiste ne remonte qu’à l’an passé. « J’ai eu de la chance car il avait bien marché. J’ai hâte de reprendre les concerts, mais quand je me compare à d’autres artistes, je me dis que je m’en sors bien. »

La pandémie a aussi un impact important sur la santé mentale de nombreux artistes. Une étude, menée par la Fédération nationale des communications de la culture et publiée en mars 2021, a révélé que 42,1 % des artistes québécois étaient en détresse psychologique élevée. Plus de 20 % sont quant à eux en détresse très élevée, ce qui peut expliquer la vague de suicides qui touche, encore aujourd’hui, le monde de la culture.

À propos de Martin Patry

À dix-neuf ans, Martin Patry vient tout juste de quitter sa Normandie natale pour venir étudier le journalisme au Cégep de Jonquière. Passionné par la musique et le soccer, le jeune français rêve de devenir journaliste culturel, et ce, depuis le lycée. C’est en 2019 que le jeune musicien part à Vichy pour effectuer un diplôme universitaire de technologie en information et communication option journalisme. Cette formation n’aura fait que confirmer sa volonté de devenir journaliste et lui aura permis d’effectuer plusieurs stages en presse quotidienne régionale (La Presse de la Manche) ainsi qu’en radio (Radio Sensations). Malgré son mètre quatre-vingt-dix, Martin est un garçon assez discret, mais qui n’hésite pas à prendre des initiatives pour atteindre ses objectifs. Dynamique et autonome, il compte bien profiter de cette expérience à l’étranger pour rencontrer de nouvelles personnes ainsi que découvrir une culture qui lui est pour l’instant inconnue.

À voir aussi

District 31 : savoir tourner la page

C’est avec nostalgie et fierté que Jeff Boudreault et Maxime Villeneuve, deux Jeannois, ont fermé …