mercredi , 17 août 2022

Séances du conseil municipal le midi : le bioparc aurait passé croient les Laterrois

Si les séances de conseil municipal à Saguenay avaient été tenues à midi, les militants contre l’implantation d’un bioparc à Laterrière doutent qu’ils auraient pu gagner leur bataille. 

« Je parle avec mon cœur, on aurait vraiment eu de la misère, avoue l’une des militantes, Manon Gaudreault. On n’a pas commencé la veille à mobiliser les gens, à les rallier à notre cause, à leur faire comprendre ce que ça impliquait d’avoir une usine de biométhanisation en arrière de chez eux. Mais le midi, ce n’est pas évident. D’après moi, ça aurait passé. »

Manon Gaudreault peut compter sur les doigts d’une main les gens qui auraient été disponibles pour aller prendre position contre le bioparc à des séances du conseil à midi, l’automne dernier. (Photo : courtoisie)

Rappelons que lors de l’assemblée du lundi 7 février, le conseil municipal de Saguenay a décrété que les séances des six prochains mois commenceront à midi au lieu de 19h, afin de pouvoir augmenter la participation citoyenne. C’est le 7 mars qui marquera le retour de cette formule, utilisée sous Jean Tremblay entre 2013 et 2017. 

Manon Gaudreault, qui est retraitée mais qui a un emploi terminant à 13h, est en parfait désaccord avec cette justification. « C’est complètement le contraire. J’en ai parlé dans un groupe d’environ 15 personnes. La plupart m’ont dit ‘’le midi, c’est certain qu’on n’aurait pas pu y aller’’. Personne ne pensait que c’était bon. » 

Membre fondateur de l’organisme Cartes sur table, qui vise à augmenter la transparence au pallier municipal, Loïc Blancquaert a de la difficulté à comprendre. « À première vue, c’est très contradictoire de mettre ça sur l’heure de dîner, remarque-t-il. Dire qu’on va augmenter la participation citoyenne, ça va beaucoup à contre-courant. Selon moi, les gens sont plus disponibles le soir que le midi. » 

Loïc Blancquaert est également conseiller municipal à Saint-Lambert, sur la Rive-Sud de Montréal. (Photo : Facebook/ Loïc Blancquaert-conseiller municipal)

Consultante en développement territorial et analyste à Radio-Canada, Isabel Brochu rappelle que les séances ont lieu par alternance à Jonquière, Chicoutimi et La Baie, ce qui représente une difficulté supplémentaire.

Isabel Brochu considère que la décision de commencer les séances du conseil à midi est un « retour en arrière ». (Photo : courtoisie)

« Quand les conseillers disent que c’est pour améliorer la participation citoyenne, c’est absolument faux », déclare-t-elle. 

Saguenay, une exception 

Parmi les 20 villes les plus peuplées de la province, seules Montréal et Saguenay tiennent leurs séances du conseil municipal durant l’après-midi et non en soirée, selon des données compilées à partir des sites officiels de ces municipalités. 

Par écrit, la Ville de Montréal a confirmé à La Pige que la métropole commence ses assemblées à 13h « compte tenu du volume important de dossiers à traiter ». Partout ailleurs, ça se fait autour de 19h. Québec, Lévis et Repentigny débutent quant à elles leurs séances à 17h, ce qui demeure cependant en soirée.

Saguenay est donc clairement une exception à la norme. Ça ne semble pas déranger le président de l’arrondissement de Chicoutimi, Jacques Cleary. « Je pense que c’est bien qu’on ne soit pas toujours dans la même lignée que tout le monde. Moi, je n’ai rien contre ça. Et en plus, on le fait juste pour six mois. » 

Jacques Cleary est le seul élu actuel qui faisait partie du conseil au moment de la fusion municipale, en 2002. (Photo : courtoisie)

Selon Loïc Blancquaert, il y a d’autres moyens d’attirer les gens vers la politique municipale. « Ce que certains élus font, c’est qu’ils tiennent des cafés citoyens dans un cadre informel, indique-t-il. Les gens peuvent venir les rencontrer, et ça se fait dans plusieurs villes. » 

Pour sa part, Isabel Brochu suggère deux moyens pour y arriver : créer une assemblée exclusivement réservée aux questions, et rendre les séances plénières accessibles au public, comme Cartes sur table le demande.

À propos de William Thériault

Véritable passionné d’actualité et d’information, William Thériault a le journalisme dans le sang. C’est un rêveur touche-à-tout qui travaille fort au quotidien pour faire carrière dans les médias, domaine dans lequel il baigne depuis son adolescence. Le sport étant son amour de jeunesse, William signe des textes pour les blogues AlleyOop360, Passion MLB et DansLesCoulisses. En étudiant en ATM, il a toutefois réalisé qu’il n’y a pas que le sport qui compte. Aujourd’hui, il s'intéresse pratiquement à tout - et c’est la politique qui l’allume particulièrement. Natif de l’Île-Perrot en Montérégie, le jeune homme aspire à connaître une carrière bien remplie, qui toucherait idéalement à la presse écrite, la radio et la télévision. Grand amateur de voyage ayant pour objectif de poser le pied sur chacun des continents, ce jeune fonceur tire fierté en sa rigueur à la tâche, se laisse guider par son esprit d’analyse et se nourrit d’une curiosité qui ne cesse de grandir.

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