Maison des sans-abri : les voisins sur leur garde

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La maison d’accueil pour sans-abri de Chicoutimi a déménagé au début du mois de septembre. (Photo Mathilde Guémené)

Depuis le déménagement de la maison d’accueil pour sans-abri de Chicoutimi sur la rue Saint-Sacrement, la relation avec les voisins est tendue. « Je les comprends », reconnaît un résident en situation d’itinérance, Sébastien.

Sébastien est assez solitaire, mais de sa chambre, qui donne sur la rue Saint-Sacrement, il entend souvent des cris. « Parfois c’est juste un gars qui pète les plombs, explique l’homme rencontré tout près du bâtiment. Des résidents ont des problèmes de santé mentale et il y a de la consommation de stupéfiants. » Il n’a cependant jamais été témoin de violences physiques. Selon ses observations, les policiers interviennent avant tout débordement. « Elle passe quasiment tous les jours. Elle est abonnée », sourit Sébastien.

Ces nuisances inquiètent le voisinage. « On a mis des clôtures pour empêcher les sans-abri de venir sur notre terrain », déclare un voisin de la rue perpendiculaire, Jacques. Sur le terrain du voisin immédiat, des canettes jonchent le sol. La Pige a essayé de discuter avec eux mais sur leur porte, une feuille indiquait : « Pas de journalistes, pas d’inconnus, respectez-nous ». Vivant depuis plus de 40 ans dans le quartier, Jacques était soucieux du déménagement de la maison d’accueil. « Je pense que la plupart d’entre eux ont du bon sens. Mais il y en a toujours quelques-uns qui vont crier à tue-tête ou faire des méfaits », ajoute-t-il.

Des barricades ont été installées par des voisins pour bloquer l’accès à leur maison. (Photo Mathilde Guémené)

Autant de sans-abri sur la rue Racine

Le lundi 25 septembre, la représentante de La Pige s’est rendue sur place pour observer les allées et venues devant la maison d’accueil. La rue Saint-Sacrement est alors calme. Plusieurs résidents de la maison d’accueil pour sans-abri de Chicoutimi profitent du soleil en traînant devant le bâtiment. Ils discutent, fument, flânent… Certains traversent pour se poser sur le stationnement d’en face et descendent la rue pour rejoindre le centre-ville.

Pour s’installer sur la Place du citoyen à côté de la bibliothèque publique de Chicoutimi, ils ont juste à descendre la rue de l’Hôtel de Ville. Depuis le déménagement, les commerces de la rue Racine n’ont pas vu une baisse du nombre de sans-abri. « Il y en a juste moins autour du bâtiment », explique le propriétaire d’un commerce proche de l’ancienne maison d’accueil qui a vu un avantage au déménagement.

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