Vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué

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Photo: Abraham Santerre

Le 26 septembre dernier, la Ville de Saguenay a annoncé la construction d’un nouvel aréna de 4500 places d’ici 2028 dont la valeur est estimée à 94,3 M$. Ne sautons pas aux conclusions trop vite, on est loin de la coupure du ruban. 

Qu’est-ce qu’on sait sur le futur Centre Georges-Vézina? « Il faut mentionner qu’à cette étape, aucun projet concret n’est défini, outre la capacité de 4500 places qui est visée », est-il mentionné dans le communiqué de la Ville de Saguenay. En d’autres mots, rien n’est défini. 

En plus, ça ne fait pas l’unanimité au sein des conseillers municipaux de l’arrondissement de Chicoutimi. Le conseiller de Chicoutimi-Nord, Serge Gaudreault, a partagé sa frustration aux médias le jour même de l’annonce. La conseillère Mireille Jean a elle aussi critiqué les actions de la Ville. 

Si le but de cette annonce était de montrer que tous les élus appuyaient la construction d’un nouvel aréna, c’est un échec. Même la mairesse, Julie Dufour, ne s’est pas présentée à la conférence de presse. Une belle démonstration de son enthousiasme.  

L’étape la moins floue annoncée est l’ajout de bandes flex et une amélioration de l’éclairage pour répondre aux demandes de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), dont le coût est de 2,4 M$.  

Rappelons qu’on aurait pu faire appel au Programme d’aide financière aux infrastructures récréatives, sportives et de plein air (PARFISPA) de Québec. Cette aide aurait pu couvrir le coût des deux tiers du projet, jusqu’à 20 M$. La Ville semble l’ignorer. 

Soif de nouveauté 

L’aréna qui accueille les Saguenéens de Chicoutimi de la LHJMQ ainsi que les Comètes, le club de patinage de vitesse, est dû pour une mise à jour digne de notre époque. 

Au fil du temps, le Centre Georges-Vézina a reçu un peu d’amour. Des travaux de réfection sont survenus en 2002 pour, notamment, permettre aux patineurs de vitesse de pratiquer sur une glace olympique et installer des loges et de nouveaux sièges. 

Le toit de l’édifice a forcé une fermeture pendant trois semaines en 2018. Quelle a été la solution au problème? Quelques travaux pour solidifier le toit et bonifier la durée de vie de l’aréna.  

Sans compter une fuite d’ammoniac survenue le 2 avril dernier, forçant l’évacuation d’une centaine de personnes. Imaginez si c’était arrivé pendant un match des Sags… 

L’effet de la roue qui tourne 

En 2016, le maire de l’époque, Jean Tremblay, annonçait que le Centre Georges-Vézina serait remis au goût du jour. Résultat : quelques rénovations, mais rien de majeur. 

Sa successeure, Josée Néron, a exprimé son désir de voir l’aréna devenir un amphithéâtre sur la zone portuaire deux ans plus tard. Résultat : elle n’a pas eu l’appui des élus de Jonquière.  

On se retrouve en 2023, alors que le Centre Georges-Vézina est vieux de plus de 70 ans. Comme on dit, jamais deux sans trois. Il y a loin de la coupe aux lèvres. 

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