Elisabeth Boudreault : l’ange de l’opéra

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Après un parcours atypique au Conservatoire, Elisabeth Boudreault performe maintenant dans plusieurs grandes maisons d’opéra. ( Photo courtoisie : Olga Shirokova

 

La Jonquiéroise Elisabeth Boudreault a su frayer son chemin dans les plus grandes maisons d’opéra en Europe. Chaque fois qu’elle monte sur scène, elle se pince. « J’ai l’impression que j’ai toujours un pied dans mon rêve », explique-t-elle.

 En 2021, la soprano a été nommée dans le palmarès CBC des meilleures artistes de la musique classique en bas de 30 ans pour ses prestations en Europe. Elle a aussi été à quatre reprises lauréate du Concours de Musique du Canada. De petites productions avec l’Atelier de musique de Jonquière à l’opéra de Lyon jusqu’au prestigieux festival d’Aix-en-Provence, l’artiste agée de 29 ans a depuis toujours su se démarquer.

Pour débuter sa carrière de soprano, elle a quitté les études à six mois de l’obtention de son diplôme ses études pour aller en France. Ce départ hâtif trois mois avant la pandémie a été un point tournant pour le début de sa carrière ainsi que pour ses opportunités futures. « Cette décision a été le meilleur timing et dans un très mauvais timing. Si j’étais partie juste après ma graduation, six mois plus tard il n’y aurait rien qui se serait passé pratiquement. »

L’émotion derrière l’acte

La musique classique véhicule énormément d’émotions. Sa cousine Kathie Claveau explique que pour Elisabeth, ce n’est pas différent. « C’est une fille qui dégage beaucoup de chaleur, beaucoup d’énergie. Elle est calme en soi, mais on peut voir qu’elle est profonde. »

De son côté, la soprano explique que l’émotion qu’elle dégage lors de ses performances dépend de plusieurs circonstances. « Quand tu es sur scène tous les jours, il y a des événements dans ta vie qui vont influencer comment tu te sens cette journée-là. Il y a des choses qui vont te faire sentir comme tu es à fleur de peau, tandis que le même rôle une journée différente va pour moi être très difficile. »

Dès son jeune âge, le chant et la musique l’ont attirée. Aux alentours de 14 ans, elle décide de se tourner vers des cours de chant ce qui lui a permis de découvrir la profondeur dramatique que le chant peut apporter. De cette découverte a découlé son amour profond pour l’opéra, explique-t-elle. « Quand j’ai vu ce qu’on pouvait faire à l’opéra, j’ai eu le coup de foudre. »

Elle a par la suite continué vers des cours privés qui l’ont menée jusqu’à des cours libres au Conservatoire de musique de Montréal.

Une culture en déclin

 Bien que les salles soient remplies, la population intéressée est vieillissante. C’est donc pour cette raison que l’intérêt pour la musique classique soit en déclin. Cependant, le monde de l’opéra a toujours été très populaire en Europe en raison de ses racines de même que son intérêt, explique Elisabeth Boudreault.

Pour ce qui est du Canada, cette tradition s’est un peu effritée au fil des années. Selon Elisabeth Boudreault, un grand travail de rééducation devra être fait pour le futur de la musique classique. « Je pense qu’il va devoir y avoir un travail de réorientation à faire dans le sens où il faut aborder de nouveaux sujets pour apporter un auditoire plus jeune. »

Elle performera le 9 décembre à l’Opéra national du Rhin dans la pièce HUMPERDINCK : Hänsel und Gretel. Elle fera aussi ses débuts à l’opéra Carmen de Georges Bizet à Glyndebourne le 16 mai prochain dans le cadre d’un des plus grands festivals d’opéra au monde.

 

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