L’intelligence artificielle: la créativité en danger

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Plusieurs propriétaires d’entreprises de graphisme s’inquiètent que l’intelligence artificielle nuise à la créativité humaine. Malgré l’avancement de cette technologie, ils croient que les gens auront toujours besoin d’eux pour des projets puisque l’IA ne pourra jamais en  faire autant que l’humain peut.

La propriétaire de chez Kréa2, Émilie Simard n’a pas eu une bonne expérience avec l’IA. « On a essayé de générer des images libres de droits à partir de l’option intelligence artificielle dans Photoshop et ç’a été peu concluant. On travaille avec la technologie comme graphiste, mais on veut en faire le moins possible avec l’intelligence artificielle », soulève Émilie Simard.

Pour la propriétaire de la boite de graphisme, ce système intelligent pourrait faire en sorte que les gens utilisent moins leur créativité, car tout sera généré par des ordinateurs et non par un humain. «On n’est pas encore rendu à l’étape d’avoir peur de se faire remplacer surtout dans ce qui est production 3D. Dans le monde du graphisme cependant, elle peut avoir l’air menaçante. Elle n’a pas démontré par contre qu’elle était plus créative qu’un humain et qu’elle serait capable de faire de la création de contenu à 100%», apporte le coordonnateur technique chez COlab, Nathaniel Ouimet.

Les entreprises frileuses

Plusieurs boites de graphisme sont plus frileuses face à l’utilisation de ce genre de logiciel. « Ça peut être inquiétant, surtout dans le domaine du graphisme. Maintenant, n’importe qui, en utilisant l’intelligence artificielle, peut faire du montage sans faire appel à des professionnels. Les plus grands enjeux sont la perte du savoir et la perte de l’héritage des connaissances parce que les gens vont devenir dépendants de ces technologies-là », mentionne Émilie Simard.

Tout faire à partir de l’intelligence artificielle?

Avec l’avancée de cette technologie, c’est à se demander si les gens arrêteront de faire affaire avec les entreprises de graphisme pour leur projet. « Je crois que les gens continueront à faire affaire avec les entreprises, surtout les PME. L’intelligence artificielle ne pourra pas toute faire ce qu’un humain fait. Malgré tout oui l’utilisation de cette technologie peut faire peur », soulève la professeure de graphisme en Art et technologie des médias au Cégep de Jonquière, Audrey Tremblay.

Chez COlab, innovation sociale et culture numérique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’intelligence artificielle est un outil très utile, mais à l’occasion. « L’intelligence artificielle chez nous est utilisée dans le flux de travail, quand on travaille sur des projets de travail de captation volumétrique. C’est un outil essentiel qui permet d’atteindre un haut niveau de réalisme dans les modèles 3D produits dans nos studios. Sinon, on ne l’utilise pas dans nos activités quotidiennes », mentionne l’employée de chez COlab Lisa-Marie Lapointe.

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