Rééducation périnéale : ce n’est pas nécessaire de souffrir

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L’incontinence urinaire touche une femme sur trois dans la société, selon l’Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec. La rééducation périnéale et pelvienne, qui peut résoudre ce problème, est pourtant une branche souvent méconnue de la physiothérapie, mais qui gagne lentement en popularité. 

« C’est fréquent et ce n’est pas irréversible, ça se traite. Il ne faut pas l’endurer, il faut en parler et consulter », souligne Nancy Larouche, qui travaille à la clinique experte en santé de la femme Orchidia, située à Chicoutimi. 

La rééducation périnéale et pelvienne sert à reprendre le contrôle de ses muscles pelviens et peut aider à traiter toutes sortes de problèmes, comme l’incontinence, la descente d’organes, la constipation et les douleurs émanant de plusieurs endroits. Beaucoup de femmes pratiquent également la rééducation périnéale et pelvienne pendant et après une grossesse.  

Pour Catherine Larouche, 51 ans, c’est dans le processus de guérison d’une hernie discale qu’elle a eu recours à cette pratique. Elle devait protéger le bas de son dos à tout prix si elle voulait aller mieux. « On m’avait expliqué qu’on aurait beau avoir tout plein de musculature partout, si le périnée n’est pas solide, c’est ce qui retient tout en place », déclare la dame. 

Périnée

La rééducation périnéale peut être utile à des personnes de tous genres et de tout âge.

Jamais trop tard 

Nancy Larouche accentue le fait que la rééducation périnéale et pelvienne a connu une hausse des demandes dans les dernières années. « C’est de plus en plus connu, ne serait-ce que par le “bouche à oreille”, de savoir que ça se traite. » 

Aujourd’hui, 90% de la clientèle en physiothérapie de la clinique Orchidia est en traitement pour rééducation périnéale et pelvienne. « Je pense que la génération, maintenant, on est plus informés, les femmes sont plus actives, font des sports, travaillent, comparativement à nos mères et même grands-mères », confie la physiothérapeute.  

La hausse touche également beaucoup les personnes de 50 ans et plus. « Elles ont eu, parfois, plein de grossesses, plein d’accouchements et ça ne s’est pas toujours bien passé mais elles n’ont pas eu de traitement comme il y a aujourd’hui, raconte Nancy Larouche. Elles vivent avec les répercussions, les conséquences, les séquelles de leur jeunesse et maintenant qu’elles savent que ça peut se traiter, elles viennent. » 

Parler et faire connaître cette forme de rééducation sert aussi à démystifier le tabou qui l’entoure. « Entre femmes, surtout quand on a eu des enfants, on va s’en parler assez facilement et assez fréquemment, parce que ça va aussi souvent être associé à des fuites urinaires et je travaille dans un milieu de femmes, donc ce n’est pas quelque chose que je trouvais tabou », explique Catherine Larouche, qui a eu recours à cette pratique à partir de la quarantaine. 

Nancy Larouche

Nancy Larouche est physiothérapeute spécialisée en rééducation périnéale depuis plus de trois ans. (Photo: Charlotte Dubois)

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