Salle de sport du Cégep de Jonquière: ne porter qu’une brassière est interdit

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Aux yeux du Cégep de Jonquière, les brassières de sport sont considérée comme des sous-vêtements. (Photo : Jean Rémond)

Suite à plusieurs plaintes, les filles n’ont plus le droit de faire de l’exercice en ne portant qu’une brassière au Cégep de Jonquière. Une pétition est lancée pour annuler cette mesure et a déjà récolté 180 signatures en deux jours. 

Il est près de 15h30, dimanche 17 mars, lorsqu’Anaïs Zanardi, étudiante, se rend à la salle de sport du Cégep de Jonquière. Alors qu’elle avait chaud, elle décide de retirer son chandail pour se mettre en brassière. Quelques minutes plus tard, « la personne chargée de la surveillance de la salle est venue me dire de mettre mon chandail », souffle-t-elle. 

Camisole autorisée pour les hommes

Argument avancé : le règlement aurait évolué à la suite de plaintes des usagers de la salle de sport. « La mesure a toujours été comprise dans le règlement, mais peut-être qu’il y a eu un certain laissé aller. Reste que depuis un mois, j’ai reçu plusieurs plaintes, d’hommes et de femmes, pour qui il était inconfortable de faire du sport dans ces conditions », souligne la gestionnaire administrative au Cégep de Jonquière, Rebecca Audy,. 

À l’entrée de la salle de sport du Cégep, une affiche épingle les mesures obligatoires. « Vêtements de sport avec manches » est effectivement mentionné. « Cela s’explique aussi par des mesures d’hygiène », plaide l’employée du Cégep. Mais alors, qu’en est-il des garçons vêtus de camisoles ? « Nous le tolérons, car nous ne considérons pas cela comme un sous-vêtement, et les filles aussi peuvent en porter », répond Rebecca Audy. 

 « Retour en arrière »

« Sauf que les brassières sont faites pour le sport. Ce sont des vêtements adaptés aux mouvements et à la transpiration », rétorque Anaïs Zanardi. De son côté, Thomas Rousseau, habitué de la salle de sport, ne comprend pas non plus cette décision. « Regarde, ma camisole fait seulement quelques centimètres, on voit mon corps mais j’ai le droit de la porter. C’est une mesure complètement injuste, soit tu interdit ce genre de vêtement pour tout le monde, soit tu laisses chacun faire ce qui lui plaît », lance-t-il. 

« C’est encore un droit que l’on nous retire en tant que femme. C’est révoltant », s’insurge Maëlle Tekfi, étudiante au Cégep de Jonquière. Elle se rend « tous les soirs et toutes les fins de semaine à la salle », et a elle aussi, on lui a aussi demandé de se couvrir. Une décision qu’elle voit comme « un retour en arrière de plusieurs dizaines d’années ».  Alors, dans l’espoir « d’annuler cette mesure du règlement », elle a lancé une pétition. 

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