La révolution des messes en direct

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Danyelle Tremblay est membre de l’équipe pastorale et adjointe à la coordination administrative du conseil de la Fabrique de la paroisse Sainte-Anne. Crédit : Virginie Mailloux

« On a été surpris de voir à quel point les gens nous suivaient. » Depuis la pandémie, la paroisse Sainte-Anne à Chicoutimi-Nord diffuse ses messes en direct sur Facebook et les partage ensuite sur YouTube. Leurs vidéos connaissent un succès qui dépasse le territoire saguenéen. Des centaines de croyants de partout au Québec et même à l’extérieur du pays se connectent pour écouter la célébration en direct ou en rediffusion.

Virginie Mailloux

Après dix semaines d’absence causées par de nombreux problèmes techniques, la responsable de l’initiative, Danyelle Tremblay, explique qu’il y a du chemin à parcourir. « Je sais que j’ai perdu du monde. Il faut leur redonner confiance, aller les rechercher. On décolle tranquillement, mais sûrement. »

Leur dernière diffusion a rejoint près de 800 personnes, en direct et en différé. Dans les commentaires, de nombreux fidèles ont exprimé leur joie de retrouver ce rituel hebdomadaire. « Il y a des dames assez âgées qui ne sont plus capables de venir à l’église. Quand on avait arrêté, tous les jours, elles m’envoyaient des messages en privé pour me demander quand on allait recommencer. Ça leur manquait », témoigne Mme Tremblay.

La messe à domicile

Luc Bergeron s’est procuré un équipement de captation de son et d’éclairage lorsqu’il a remarqué que ses vidéos gagnaient en popularité. Crédit : Luc Bergeron 

À St-Félicien, l’abbé Luc Bergeron a également effectué un virage numérique durant la pandémie. Le prêtre de la paroisse Notre-Dame-du-Lac St-Jean donnait la messe sept jours par semaine, en se filmant avec son téléphone. Rapidement, ses vidéos ont grandi en popularité grâce à son enthousiasme contagieux. M. Bergeron a développé un lien de proximité avec les milliers d’internautes qui regardent ses directs chaque semaine. « Il y a des gens qui me disent “c’est toi l’abbé qu’on voit à l’écran, on est contents de te voir” […] Je savais que je rejoignais des personnes, mais je suis toujours surpris d’entendre comment ça peut les toucher », partage-t-il.

Maintenant, il diffuse seulement les jeudis et les vendredis, en plus de ses messes habituelles. « On veut toujours privilégier le côté présentiel. On ne voudrait pas devenir juste une église virtuelle parce qu’on croit que le contact humain réel est important. »

 

 

Dans l’air du temps

Grâce au don d’un fidèle, la paroisse Sainte-Anne filme avec une caméra contrôlée à distance à l’aide d’une télécommande. Elle est installée en hauteur et leur permet de multiples prises de vue. En régie, ils sont quatre à se relayer, de semaine en semaine. Bénévolement, ils ont investi des heures à apprendre à maitriser le dispositif. « Ç’a été des balbutiements au début. C’était par essai erreur, on ne connaissait pas ça et on n’est pas des gens nécessairement très technologiques, notre moyenne d’âge n’est pas très jeune », a avoué Danyelle Tremblay en riant.

« Ce qui compte c’est qu’on va chercher beaucoup de gens », livre un membre de l’équipe, Alain Laberge. Crédit : Virginie Mailloux

Selon Mme Tremblay, l’adaptation aux nouvelles technologies est importante. « L’Église catholique n’a pas le choix de faire ce tournant-là, de toute façon. On veut rejoindre les gens, on veut rejoindre la clientèle plus jeune aussi. Ce n’est pas nécessairement facile, les gens sont très occupés. »

« Si le message peut passer et ça peut faire du bien aux gens, c’est ça qu’on veut », explique-t-elle. À son avis, les messes en direct ne sont pas la cause de la baisse de fréquentation des églises, contrairement à ce que plusieurs sceptiques affirment. Au contraire, elle explique que dimanche matin dernier, les bancs de l’église Sainte-Anne étaient plus remplis qu’à l’habitude.

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