Deuil périnatal : peu de soutien au Saguenay-Lac-Saint-Jean

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85% des fausses couches surviennent dans les 12 premières semaines de grossesse. (Crédit photo : Zachary Marchand)

Au Québec, il y a près de deux décès sur 100 naissances lors de la grossesse. Des organismes de soutien pour le deuil périnatal sont accessibles dans de nombreuses régions, mais pas au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Zachary Marchand,

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, certains organismes existent, tel que Deuil 02, pour aider la population à surmonter un la perte d’un être cher. Cependant, aucune association dans la région ne propose de l’aide pour les parents de bébés décédés pendant la grossesse. Dans les plus grandes régions, comme celle de Québec ou de Montréal, les Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS) ont des professionnels pour aider à vivre un deuil périnatal. Il faut donc faire, pour les Saguenéens et les Jeannois, minimum deux heures de route pour être entre de bonnes mains.

« Le deuil périnatal, on l’offre, on peut répondre à la demande, mais on a une expertise à aller chercher », revendique la directrice générale de Deuil 02, Claudine Tremblay. Dans les années à venir, Mme Tremblay espère trouver un moyen d’offrir un service de deuil périnatal optimal, mais le manque de requêtes complique les choses. « Présentement, on n’a pas eu suffisamment de demandes puis on a seulement une intervenante à demi-temps donc ça nous limite dans nos actions », mentionne la directrice générale. L’organisme est associé avec le CIUSSS depuis 2021.

 

Trouver du soutien sur les réseaux sociaux

« Ma sœur a eu son garçon en juillet et j’ai perdu ma fille en septembre. Son bébé est rendu à trois mois et ma petite fille aurait 1 mois et demi. À chaque fois que je le vois, les larmes me viennent et je cherche l’injustice », évoque Sabrina Audette, nouvellement maman de son premier enfant. Pour l’aider à surmonter son deuil, Sabrina s’est tournée vers Facebook, en rejoignant un groupe privé nommé : Deuil périnatal : se parler, raconter notre histoire, rendre hommage. Elle communique sur celui-ci avec des centaines de mères vivant le même deuil qu’elle. « Le groupe m’aide beaucoup à libérer tout le mal que j’ai en dedans […] je me sens libre de dire des choses que je n’ai même pas dites à ma sœur ou à ma mère parce qu’ici, on se comprend », cite la jeune mère.

Sabrina Audette s’est fait tatouer par sa meilleure amie en guise de souvenir pour ses enfants. (Crédit photo : Sabrina Audette)

Le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal a recensé qu’au Québec, plus de 23 000 familles sont touchées par le décès d’un enfant pendant la grossesse chaque année. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le chiffre s’élève à près de 300. Depuis 2003, le Québec a instauré la journée de sensibilisation au deuil périnatal, qui se déroule le 15 octobre, afin que ce sujet cesse d’être tabou.  

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