Le bénévolat : une course entre l’offre et la demande

470
0
Share:

Je Bénévole est la plateforme provinciale de jumelage des Centres d’action bénévole et des organismes sans but lucratif (OSBL). Crédit : Je Bénévole 

L’engagement de la population dans les organismes est à son plus haut au Québec. Cependant, le nombre de bénévoles reste stagnant depuis la Covid-19 alors que la demande est à la hausse, selon une responsable des recherches de la Fédération des centres d’action bénévole du Québec (FCABQ). 

David Veillette

« On a deux millions de bénévoles qui s’impliquent au Québec, ce sont des centaines de milliers d’heures de bénévolat chaque année. Est-ce qu’on se dit “mon Dieu, c’est suffisant” ? Non, parce que les besoins dans les organismes sont toujours grandissants », explique la responsable de la recherche et des partenariats de la FCABQ, Marianne Brisebois. 

Le service de raccompagnement Nez Rouge Saguenay a connu une année bien différente l’an dernier en raison des grèves dans le secteur public qui ont diminué la demande de service. Nez Rouge Saguenay a tout de même amassé un total de 34 000 $ en dons pour le Club de natation de Jonquière, soit le même montant que les dernières années. Malgré la diminution de la demande, les bénévoles y ont mis du cœur tout au long du temps des fêtes. 

« Il y a des bénévoles qui font parfois un peu plus que d’autres, car on fonctionne selon l’offre et la demande. Le territoire est super grand, donc il y a beaucoup à couvrir pour eux », a affirmé le coordonnateur d’Opération Nez Rouge, Frédéric Boucher. 

Un vent de jeunesse 

Les organismes ont besoin de plus de jeunes bénévoles en raison de l’effritement du filet social. Le vieillissement de la population entre en jeu. De nombreuses personnes âgées en situation de vulnérabilité, au niveau de leur santé et de leur autonomie, doivent arrêter le bénévolat.   

Chaque année, la Semaine nationale de l’action bénévole permet aux organismes d’évaluer et de bonifier l’impact des bénévoles dans la société. Ces sept jours sont cruciaux pour les associations, car c’est le meilleur moment pour promouvoir leurs services. Cette année, pour la 50e édition de l’événement, la FCABQ a dévoilé un nouveau slogan visant les jeunes québécois : Bénévoler, c’est brillant ! 

« On a beaucoup l’image dans la société que ce sont les personnes retraitées qui vont s’impliquer, car leur horaire le leur permet. Les jeunes s’impliquent de manière différente, pour des événements plus ponctuels », a expliqué Marianne Brisebois. 

C’est le cas de Mina Collard-Dumont, qui a fait du bénévolat le week-end au centre communautaire où elle travaillait, puisque son horaire le lui permettait. 

Mina Collard-Dumont fait partie des nombreux jeunes bénévoles qui viennent aider le Patro Roc-Amadour. Crédit : Patro Roc-Amadour

« J’ai fait du bénévolat parce que c’est une bonne action, on se sent accompli et j’aime voir les autres avoir du plaisir et être heureux. Pouvoir passer du temps avec mes amis tout en offrant mon temps pour une bonne cause me tenait à cœur. » 

Dans ce monde où la rémunération n’existe pas, ce sont les petites choses de la vie qui motivent les bénévoles à donner à la population. 

« Notre paye, c’est le sentiment du devoir accompli. C’est le sentiment qu’on a raccompagné des gens chez eux avec le sourire. Notre paye est la reconnaissance de la société envers nos services offerts, et c’est le cas, peu importe l’organisme », a conclu Frédéric Boucher. 

 

Share: