Courtier immobilier : un métier beaucoup plus simple « auparavant »

La pancarte « à vendre » est la clé pour les courtiers qui souhaitent avoir de la visibilité et elle est couramment utilisée par les différentes bannières au Saguenay Lac-Saint-Jean. Photo : Édouard Bérubé.
La charge de travail à laquelle les courtiers sont confrontés augmente de plus en plus. Chaque année, de nouveaux règlements sont instaurés, des formulaires sont modifiés, à cela s’ajoute la pénurie de logements qui persiste au Saguenay Lac-Saint-Jean. Malgré tout, le nombre de ventes dans la dernière année est à la hausse comparativement à 2023.
« J’ai parlé avec des courtiers expérimentés qui me disent qu’avant, tout était plus simple, affirme la courtière immobilière de chez Proprio Direct, Saida Murray. Les lois n’ont pas changé, mais il y a constamment de nouveaux règlements. Le courtier doit donc s’adapter en permanence. »
La pénurie de logements, un défi constant
Selon les statistiques 2024 du gouvernement du Québec, le nombre de ventes a augmenté de 4,1 % au Saguenay-Lac-Saint-Jean, atteignant un total de 6573 transactions en 2024, contre 6317 en 2023. Cependant, la pénurie de logements demeure un problème majeur dans la région, indique Saida Murray.
« C’est certain que la pénurie de logements est toujours présente. Les prix sont élevés et nous restons dans un marché de vendeurs. Les propriétés qui se vendent entre 250 000 et 300 000 $ sont souvent ciblées par ceux qui cherchent à devenir propriétaires pour la première fois, mais il n’y en a pas tant que ça de disponibles. »
De son côté, le courtier immobilier pour le Groupe Sutton, Yann Grenier identifie une cause principale à ce manque de propriétés disponibles. « À mon avis, le problème est assez simple : il y a un manque de construction et un manque de flexibilité pour permettre davantage de projets résidentiels. Dans la région, on attire beaucoup d’étudiants grâce au programme Art et technologie des médias (ATM), mais globalement, la construction de nouveaux logements reste insuffisante. »
Se démarquer de la concurrence
D’après le site de l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ), il y a 166 titulaires de permis de courtiers immobiliers dans la région et huit agences. Il est donc essentiel pour les courtiers de trouver des moyens de se distinguer de la concurrence, notamment à travers des outils comme les pancartes visibles sur les propriétés à vendre.
« Il arrive parfois que des clients nous mentionnent qu’ils rencontrent deux ou trois autres courtiers de différentes bannières. Le courtier doit donc instaurer un climat de confiance dès le départ et créer un lien avec le client. Je crois que le courtier qui réussira sera celui qui obtiendra l’inscription. Mais oui, la concurrence est toujours présente et elle restera », explique Saida Murray.

Le Groupe Sutton est l’une des huit agences au Saguenay Lac-Saint-Jean. Photo : Facebook du Groupe Sutton – Nouvelle Demeure.
Avec la nouvelle compétition qui arrive dans l’immobilier, Yann Grenier soutient que tout n’est pas rose dans ce métier. « Le marché des courtiers au Saguenay-Lac-Saint-Jean n’est pas nécessairement saturé, mais je crois qu’il y a des jeunes qui ne sont pas là pour les bonnes raisons. En revanche, ce n’est pas une majorité. De plus, on constate que de nombreux courtiers ne tiennent pas plus de deux ans, car ils avaient peut-être des attentes différentes de la réalité du métier. »






