Les tabagies d’aujourd’hui à demain

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Les tabagies du Québec se font de plus en plus rares en raison de l’évolution de la population et de la baisse de la demande. La Tabagie Nelson a réussi à traverser ces nombreux défis au courant de ses 55 ans d’histoire grâce à sa façon de s’adapter face aux changements des habitudes des citoyens.  

Il y a 13 ans, la propriétaire de la petite tabagie située à Jonquière, Véronique Dionne, a repris la compagnie des mains de son oncle. Elle était jadis une employée, mais ses talents en comptabilité l’ont incitée à poursuivre les activités de l’entreprise familiale.  

Elle a toutefois réalisé assez vite que posséder une tabagie n’est pas de tout repos en raison des constants changements des habitudes des clients et de tous les défis administratifs liés au marché.  

Elle voulait donc se démarquer des autres compétiteurs afin d’attirer le plus de citoyens possible.  

« Au Saguenay, nous sommes les seuls à avoir autant de choix de revues. Les autres commerces sont moins intéressés à gérer tout ça (la paperasse) », explique Véronique Dionne.   

Faire face à l’inflation  

La tabagie située dans un quartier résidentiel de Jonquière doit suivre l’inflation des coûts sur ses produits tout en gardant des prix compétitifs et attirants pour les gens moins aisés.  

Véronique Dionne dédit plus de 55 heures par semaine à sa tabagie. Photo : David Veillette

« Les compagnies ne pensent pas nécessairement à la classe moyenne lorsqu’ils augmentent leurs prix. Je m’ajuste pour avoir des prix raisonnables et compétitifs avec d’autres places. C’est le plus gros défi. J’ai un profit moins élevé pour que les clients puissent se procurer des produits. Je ramasse les cents pour réussir à m’en sortir », expose la propriétaire de la Tabagie Nelson. 

Chaque mois, Véronique Dionne et sa fille Mélissa Bouchard comptabilisent toutes leurs ventes durant les 30 derniers jours. Ensuite, elles doivent ajuster leurs achats selon la demande des clients.  

« C’est rare que je finisse dans le négatif, mais je suis à l’affût de tous mes achats. Quand tu veux être rentable, il faut que tout ce que tu achètes soit vendu dans la première semaine ou la deuxième maximum », a affirmé Véronique Dionne. 

Au cours des dernières années, l’étudiante et gestionnaire en comptabilité à la Tabagie Nelson, Mélissa Bouchard, a remarqué, à sa grande surprise, quelques tendances intéressantes.  

« Ce qu’on a remarqué, c’est une diminution de la bière et une augmentation du côté des revues. Ce qui est assez surprenant puisqu’on s’entend que les statistiques montraient que ce serait l’inverse. Mais finalement ça a augmenté puisqu’il y a encore une population qui n’a pas délaissé leurs vieilles habitudes dans le passé », déclare Mélissa.  

Mélissa Bouchard travaille à la tabagie de sa mère depuis qu’elle a 14 ans. Elle est maintenant âgée de 28 ans. (Photo : David Veillette)

Des employés appréciés

Les employés du dépanneur jouent un grand rôle quant au succès de l’entreprise. Chaque jour, des centaines de clients entrent dans le « paradis de la revue » et le comportement des commis est scruté à la loupe par la propriétaire de la tabagie.  

« Notre plus grande adaptation a été de changer notre mentalité envers les emplois. Nous sommes beaucoup plus strictes sur nos employés, car c’est la clé pour attirer les clients. On les connait tous par leurs noms. Les gens doivent se sentir chez eux »,  explique Véronique Dionne.  

Les clients sont les meilleurs amis de la Tabagie Nelson puisqu’ils sont leur meilleure publicité.  

« Notre meilleure publicité est le bouche-à-oreille et il faut que ce soit ça. Parce que les gens parlent et si tu as de bonnes offres, le monde va le savoir. »  

Place à la relève  

Après 13 ans à la barre de l’entreprise, Véronique Dionne commence lentement à penser à l’avenir du commerce et à la sienne.  

« J’aimerais continuer jusqu’à 90 ans, mais à un moment donné tu ne peux plus suivre. L’amour est là, mais tu dois penser à la relève. »  

La mère de trois enfants souhaite continuer les activités de l’entreprise le plus longtemps possible. Ensuite, elle aimerait que sa fille, Mélissa Bouchard, prenne les rênes de l’entreprise, mais l’aînée de la famille ne partage pas le même avis.  

« À 100 % je ne le prendrais pas, c’est beaucoup de travail et il y a la crise de l’emploi. C’est difficile de garder des employés et c’est difficile de les garder avec des salaires peu alléchants. »  

Le salaire moyen d’un caissier dans une tabagie correspond au salaire minimum. Selon les informations tirées du site Guichet-Emploi sur le site du Gouvernement du Canada, un caissier québécois fait en moyenne 25 340$ par année.  

 

 

 

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