Des premiers répondants producteurs de contenu

Que partagent la Sûreté du Québec (SQ), le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, et Urgences-Santé ? Ces trois institutions se distinguent par leur présence active sur les réseaux sociaux, où elles s’efforcent de sensibiliser la population aux réalités de leur profession et aux bonnes pratiques à adopter.
Anissa Leduc
« Si le public ne sait pas ce qu’on fait, il voit juste un camion jaune qui passe avec des lumières », déplore la créatrice de contenu pour la société publique paramédicale québécoise Urgences-santé 9-1-1, Thamara Antoine.
À l’ère de la désinformation, il est crucial pour les professionnels de première ligne de dévoiler l’envers du décor de leur quotidien.
« Il y a de plus en plus de désinformation sur les réseaux sociaux. Il y a de plus en plus de difficultés à atteindre les gens par les médias traditionnels où il y a une baisse d’écoute chez les jeunes », dévoile le sergent et vulgarisateur policier de la SQ, Jean Raphaël Drolet.
« C’est une façon de propager le positif, de parler de ce qui se passe bien. On en a besoin, tout le monde a besoin de comprendre les belles choses qui sont faites en coulisse, de le savoir surtout », souligne la technicienne ambulancière paramédicale.
La création de contenu sur les médias sociaux a permis à Thamara Antoine de découvrir une nouvelle facette de son métier. (Photo : Courtoisie)
RÉPONDRE À UNE DEMANDE INAPPARENTE
La présence des institutions sur les différentes plateformes « ça répond à une demande qu’on ne savait pas, qu’on ne connaissait pas », souligne Thamara Antoine.
« Il y a un besoin, ce n’est pas juste pour la police, c’est pour toutes les organisations publiques, de créer son propre contenu pour pouvoir passer son message et contrer la désinformation, clarifie le sergent Drolet. On est surpris, on ne s’attendait pas à une popularité d’une telle ampleur. »
La SQ est active sur les médias sociaux depuis 2010. Elle est arrivée sur l’application TikTok le 22 janvier 2025. Sans surprise, l’agence gouvernementale a percé sur le réseau social chinois. Après seulement deux mois d’activité, le compte cumule plus de 150 000 abonnés et près de huit millions de vues.
« Ça nous a pris par surprise, mais ça nous a montré qu’il y avait peut-être du potentiel dans cette plateforme. Des gens étaient intéressés par notre domaine, ils veulent en savoir davantage sur la démystification des services de police », ajoute-t-il.
Avant de se lancer sur TikTok, la Sûreté du Québec gérait déjà une chaîne YouTube, SQtv, où elle continue de diffuser une série de « vlogues policiers » présentant le quotidien des agents.

Cela fait maintenant cinq ans que le sergent Drolet est vulgarisateur pour la Sûreté du Québec. (Photo : Courtoisie)
La demande est tout aussi cruciale dans le domaine de la santé. Thamara Antoine souligne qu’il ne faut pas attendre d’être dans la salle d’attente des urgences pour commencer à répondre aux questions des citoyens.
« Les services de santé, on les utilise souvent au pire moment de notre vie. Quand on a quelque chose qui ne va pas, ce n’est pas le moment de se poser des questions. […] Découvrir les coulisses du métier démontre l’importance des médias sociaux. Ça nous aide à comprendre le comment du pourquoi, diminuer les frustrations et faire de la prévention », précise la créatrice de contenu.
RESTEZ ACTIF SUR LE TERRAIN
Même si leur profession de vulgarisateur prend pratiquement tout leur temps, il est essentiel pour les premiers répondants de rester actifs sur le terrain.
Du côté de la paramédicale, Thamara Antoine, elle trouve important d’effectuer un quart de travail au moins une fois par deux semaines dans l’ambulance.
« C’est important pour moi de garder ma proximité avec la route, c’est facile d’oublier, dit-elle. Je ne veux pas tout le perdre non plus. Donc, autant que possible, je vais toujours garder un contact avec la route. C’est vraiment important pour moi puis pour ma crédibilité aussi. »
Tandis que pour le vulgarisateur de la Sûreté du Québec, Jean Raphaël Drolet, il est amené à être sur le terrain pour filmer ses capsules ou ses vlogues. Il peut donc agir en tant que patrouilleur dans le besoin.

Jean Raphaël Drolet se déplace partout à travers le Québec pour créer du contenu pour la SQ. (Photo : Courtoisie)
« Je demeure une police, si dehors je vois une intervention, je vais intervenir comme un autre policier, déclare-t-il. […] Si j’entends un appel qui survient à côté de ma localisation, je vais intervenir. J’ai tout mon équipement comme un patrouilleur. Ça me permet de rester connecté au travail et de bien comprendre la réalité du terrain. »






