Un engouement sportif différent d’une ville à l’autre

Les Lions de Trois-Rivières attirent une grande foule lors des séries éliminatoires. (Crédit : Xavier Lemieux)
Le sport peut être extrêmement important pour un groupe, une ville, et même une nation. Que ce soit le football, le soccer, mais surtout le hockey. Cependant, l’engouement pour les ligues ou les équipes sportives est bien différent d’une ville à l’autre, au Québec.
La professeure en sociologie du sport et promotion de l’activité physique à l’Université de Montréal, Suzanne Laberge, explique qu’il y a trois facteurs principaux qui font en sorte que la popularité des équipes ou des ligues sportives en vient à varier : la qualité des athlètes, la proximité et la compétition.
« Il faut qu’il y ait des personnes, des joueurs qui sont assez bons, qui se distinguent et auxquels les gens de la localité s’identifient, soit parce qu’il est né là, soit parce qu’il est venu étudier là. Et puis, évidemment, il faut qu’il y ait un espace où ils vont avoir des matchs. […] S’il y a une compétition entre deux équipes, qui sont rendues très rivales, bien ça va évidemment mousser le fanship [la partisanerie]. »
Une grande différence est que Montréal a toujours accueilli du sport de haut niveau, comme la Ligue nationale de hockey (LNH), la Ligue canadienne de football (LCF) et la Ligue majeure de soccer (LMS). La partisanerie est donc plus grande pour ces ligues que pour la Ligue de hockey junior Maritimes-Québec (LHJMQ) ou la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH), qu’on retrouve plus en région.
Les Canadiens ou les Alouettes de Montréal prennent plus d’ampleur au Québec que les Cataractes de Shawinigan ou les Marquis de Jonquière parce qu’il y a plus de compétition, donc une plus grande foule, selon Suzanne Laberge.

Maxime Truman est chroniqueur pour le site DansLesCoulisses. (Crédit : Courtoisie, Maxime Truman)
Le chroniqueur du site DansLesCoulisses, Maxime Truman, précise que « c’est l’événementiel » qui occasionne une augmentation de l’engouement pour une équipe. Il mentionne notamment que « c’est trois fois plus de gens qui regardent les séries » que la saison régulière des Canadiens de Montréal. Donc, si pour le Tricolore, les cotes d’écoute vont tripler lorsqu’il y a un match important, c’est le même principe pour les équipes de la LHJMQ, à la différence que le circuit Cecchini attire évidemment beaucoup moins de partisans que la LNH.
Maxim Truman ajoute également que « tu ne veux jamais aller voir un mauvais spectacle. Pour un club de la LHJMQ, si tu ne gagnes pas beaucoup ou si ton spectacle n’est pas bon sur la glace, tu vas avoir ton lot de 500, 800 ou 1000 personnes qui vont toujours être là, […] mais les autres ne viendront pas. »

Les Lions de Trois-Rivières dans l’ECHL attirent des foules bien différentes en séries éliminatoires (à gauche) et en saison régulière (à droite). (Crédit : Xavier Lemieux)
Un autre aspect vers lequel pointe le chroniqueur est la peur de manquer un rendez-vous important. Lors des séries éliminatoires, « ce sont des matchs dont l’importance est tellement grande que ça ajoute à l’événement. On a l’impression que si on ne l’écoute pas, on va rater quelque chose, c’est la fear of missing out [la peur de rater quelque chose]. »

Jean-Christophe Bertrand est journaliste sportif à RDS. (Crédit : Courtoisie, Jean-Christophe Bertrand)
Le journaliste sportif au Réseau des sports (RDS), Jean-Christophe Bertrand, donne pour exemple que « si tu t’en vas à Baie-Comeau, l’attraction principale, c’est le Drakkar. Les gens ont un sentiment d’appartenance au Drakkar de Baie-Comeau, tandis que tu t’en vas aux Tigres [de Victoriaville] ou aux Voltigeurs [de Drummondville], des équipes proches, c’est un peu plus difficile. » La proximité entre les équipes aurait donc un impact sur la visibilité et l’appréciation de celles-ci, selon lui.
Il spécifie que « quand l’équipe fait en sorte que tes partisans ont ce sentiment d’appartenance là, que vous gagnez avec nous, c’est sûr que ça va ramener plus de monde ».
Les partisans aiment sentir qu’il a valu la peine de se déplacer pour voir un match. C’est pourquoi l’engouement pour certains matchs ou certaines équipes est plus fort que pour d’autres, le sentiment d’appartenance venant également concrétiser ce sentiment. C’est ce qui rend les partisans du Québec si uniques : ils veulent gagner avec leurs favoris.






