Le culturisme : la santé avant tout

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Une étagère de poids libre dans un gym

Près de 20 % de la population adulte québécoise est inscrite au gym. (Crédit : Samuel Fournier)

Le culturisme est un sport qui demande une préparation ardue et des sacrifices indéniables. Si ces derniers sont mal gérés, le tout peut devenir dangereux. Plusieurs méthodes sont donc requises afin de réduire l’impact sur la santé physique et mentale de cette discipline méconnue du public. 

L’entrainement physique est de plus en plus mis de l’avant dans la société d’aujourd’hui. Selon un sondage de Léger publié en janvier 2025, l’exercice en salle a connu une hausse de 50 % en participation depuis 2021 au Québec. Pour certains, avoir un corps sain est suffisant, alors que pour d’autres, l’entrainement physique peut devenir un mode de vie, explique Xavier Courcelles, coach et ancien culturiste. «Autant que ça [le culturisme] puisse être négatif dans l’extrême, si c’est bien fait, ça peut être un énorme accomplissement personnel.» 

Xavier Courcelles

Xavier Courcelles, âgé de 23 ans, est entraineur depuis sept ans et est propriétaire d’un gym dans la région de Montréal (Crédit : Courtoisie)

Afin d’être prêts pour les compétitions, les athlètes doivent revisiter plusieurs aspects de leur vie pour augmenter leurs chances de succès. Ces aspects comprennent notamment un régime équilibré, de l’exercice minutieux et un rythme de sommeil constant. Selon Catherine Gauthier, nutritionniste du sport, la nutrition est le plus important d’entre tous. « On entend souvent le 70/30, moi j’aime dire que [ce qui transforme le corps], c’est même 80 % de l’alimentation et 20 % du sport. »

La nourriture dans le monde du culturisme est directement associée à une diète, alors que celle-ci est aussi essentielle avant qu’après la compétition si l’athlète tient à sa santé. Un régime et un style de vie mal équilibrés après la compétition peuvent entrainer plusieurs conséquences, explique M. Courcelles. « Si tu fais juste manger, tu vas tout absorber. Si tu fais juste bouger, tu vas te brûler. Alors c’est important de trouver un équilibre. »

Pour être certain de ne pas vivre ces répercussions, être bien accompagné est essentiel et ce n’est malheureusement pas le cas de tous les bodybuilders (culturistes) selon Catherine Gauthier.

Catherine Gauthier pose pour la photo avec un bol de raisin vert dans les mains

Catherine Gauthier s’occupe de la préparation nutritionnelle d’athlètes de tous les âges. (Crédit : Courtoisie)

Avec les compétitions viennent souvent les suppléments, comme la créatine, les électrolytes ou la poudre de protéine. Catherine Gauthier précise que l’utilisation de ceux-ci est assez sécuritaire, comme le démontrent plusieurs études. « Les suppléments ne sont pas dangereux, ceux qui sont les plus employés en tout cas, tant qu’ils sont bien utilisés. C’est sûr qu’une surdose de n’importe quoi, c’est dangereux. Même une surdose de vitamine D c’est dangereux. »

Pour ce qui est des plus grands concurrents en culturisme, les produits dopants peuvent être en jeu, explique Xavier Courcelles. « Quand tu es en compétition, tu es à 100 %, tu es parfait et en plus tu prends des produits. Le système neurologique est en jeu, alors si tu lâches tout d’un coup [après la compétition], ça peut avoir de très grosses conséquences en fonction du produit. »

Mis à part le corps, un autre aspect est à surveiller chez les culturistes : le côté psychologique. Selon M. Courcelles, la personne la plus critique envers l’athlète, c’est lui-même. « Je veux arriver à mon stage et mon poids visé est 190 livres. C’est un nombre sur une balance, mais le look, tu ne peux pas savoir ce que le juge va vouloir. Donc dans ta tête, c’est toujours plus et mieux. »

Alors qu’après les compétitions, c’est tout aussi difficile, selon Mme Gauthier. « Tu te rappelles comment tu étais sur le stage, super découpé avec les veines, mais ce n’est pas la vie d’être comme ça. Après la personne est juste normale avec 15 % de matière grasse et elle se trouve grosse. »

Selon Xavier Courcelles, le culturisme est une question de vouloir, même si cela force la personne à aller contre elle-même. « Tout le monde peut le faire, mais ce n’est pas fait pour tout le monde. »

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