Semaine de quatre jours : vers un nouvel équilibre entre travail et vie personnelle

Share:

Marie-Ève Racicot, consultante en gestion des ressources humaines pour le groupe GCRH, recommande de ne pas excéder une journée de huit heures de travail tout en conservant le même salaire. (Photo : Lily-May Fournier)

La semaine de quatre jours s’impose comme une tendance émergente dans plusieurs organisations québécoises. Un changement de rythme qui semble bénéficier autant aux employés qu’à leurs employeurs.

Travailler quatre jours par semaine est l’avantage social le plus convoité au Canada. Selon un sondage commandé par la plateforme Talent.com et mené par la firme YouGov, 93 % des Canadiens appuient ce modèle. Ils le placent devant les soins dentaires et la possibilité de décider de leurs heures de travail.

« Je ne pourrai plus m’en passer. Sans ça, j’envisagerais de changer d’emploi », m’ont dit des employés de chez Alma Honda et du CIUSSS du Saguenay-Lac-St-Jean.

Conciliation travail-famille

Pouvoir concilier son emploi et sa vie personnelle est l’aspect qui plaît le plus aux travailleurs. « J’en profite pour faire mes commissions ou pour faire mon ménage. Deux jours de congé, ce n’est vraiment pas assez long », mentionne Éric Boudreau, conseiller technique chez Honda Alma. Il peut aussi profiter pleinement de la fin de semaine.

« Ça me permet de ne pas trop envoyer mes enfants à la garderie. Quand ils ont des journées pédagogiques, je peux rester avec eux à la maison », dit Vicky Grondin, travailleuse sociale au Centre de recherche appliquée en intervention psychosociale (CRAIP). Elle a mentionné pouvoir se concentrer sur sa pratique privée lors de son congé.

Productivité

Selon Marie-Ève Racicot, la semaine réduite augmente la productivité des employés. « Étant donné qu’ils sont motivés à terminer la semaine pour être en congé, ils sont plus productifs. Aussi, ils ont le temps de se reposer », mentionne-t-elle.

Ce modèle de semaine écourtée permet aux employés d’avoir une meilleure santé psychologique. « J’ai remarqué que mes employés sont toujours de bonne humeur. Ils sont motivés et vraiment productifs. Tout le monde est content de venir travailler », dit Julie Fortin, gestionnaire au CRAIP.

« J’ai remarqué que les gars étaient moins fatigués au travail. Il y a aussi eu une baisse de l’absentéisme », dit Pierre-Luc Bouchard, directeur des opérations fixes chez Alma Honda.

Gestion d’équipe

Pour les employeurs, cette formule est un atout en matière d’attraction, mais aussi de rétention de personnel. Selon Marie-Ève Racicot, c’est un avantage concurrentiel pour les entreprises.

Au CRAIP, Julie Fortin n’a pas de mal à gérer son personnel. « Une partie de l’équipe est en congé le lundi et l’autre partie le vendredi. Comme ça, on évite qu’il n’y ait personne qui travaille », dit-elle. Elle ajoute qu’elle trouve important que la charge de travail soit adaptée pour un horaire de quatre jours pour éviter l’épuisement.

Chez Alma Honda, tous les employés sont en congé le lundi, ce qui requiert une certaine logistique pour Pierre-Luc Bouchard. « Si jamais il y a une urgence le lundi, on peut prêter une voiture d’occasion au client et réparer la voiture le lendemain », mentionne-t-il.

 

« Une journée de salaire de plus ne pourrait pas remplacer mon congé », affirme Mme Grondin. (Photo : Lily-May Fournier)

Ce ne sont pas tous les secteurs qui sont adaptés à ce type d’horaire. Certains milieux ne peuvent pas se permettre d’avoir aucun employé. Marie-Ève Racicot doute que ce modèle devienne la norme au Québec.

Share:
Avatar photo