Éduquer les citoyens de demain : de la salle de classe au jardin

« Les enfants ont une empathie naturelle par rapport au vivant », raconte Mary-Lise Chrétien, chargée de projets chez Eurêko qui pose auprès de son fils. (Photo : Mathilde Bellon)
Jardiner, préparer soi-même ses collations, prendre soin du poulailler : voilà des activités proposées par plusieurs garderies et écoles au Québec. Parce qu’il n’est jamais trop tôt pour apprendre à connaître son environnement, à s’en servir et être sensibilisé à l’écologie.
« Favoriser les saines habitudes de vie chez nos élèves ». Voici l’objectif de la directrice de l’école Saint-Joseph à Tadoussac, Marie-Chantal Dufour. Des questions comme la biodiversité ou la consommation de produits locaux, sont abordées à travers le jardinage, pour former les citoyens de demain.
C’est dans le cadre de leurs classes ou du service de garde que les enfants scolarisés à Tadoussac vont s’occuper de leur serre hydroponique, cuisiner leurs collations, créer un livre de recettes ou préparer les jeunes plants. De la maternelle à la fin du primaire, chacun s’implique à sa façon.
Il ne s’agit pas d’un simple exposé des enseignants ou éducateurs spécialisés pour expliquer les techniques de jardinage à leurs élèves. L’objectif visé est que chaque enfant devienne un acteur de son environnement et qu’il s’approprie les gestes qui lui sont montrés.
De plus, les parents sont invités à participer aux activités proposées par l’école Saint-Joseph de Tadoussac, pour qu’il y ait une cohérence entre ce qu’apprennent les enfants et ce qu’ils appliquent à la maison.
En lien avec la communauté
Depuis deux ans à Tadoussac, un véritable réseau communautaire s’est créé dans le but d’offrir aux enfants de l’école des collations exclusivement québécoises et locales.
Un sentiment de solidarité et d’entraide rayonne alors, comme le rapporte l’éducatrice spécialisée à l’école Saint-Joseph de Tadoussac, Nadia Gagnon. La boulangerie aide pour la fabrication de la base des collations, les restaurants donnent leurs surplus d’ingrédients avant de fermer pour l’hiver, et la ferme Hovington accueille les élèves pour des ateliers sur la plantation, la récolte ou auprès des animaux.
Sur chacune des collations des petits Tadoussaciens, une étiquette est déposée pour mettre en avant la provenance du produit et l’implication qu’il y a derrière sa confection. « Ici les gens sont soudés serrés. On a plein de conditions gagnantes à Tadoussac pour faire ça », se réjouit Mme Dufour.

Le projet de l’école Saint-Joseph à Tadoussac est né il y a 2 ans grâce à l’appel de projet M361 pour manger des aliments québécois dans les écoles du Québec. Une subvention de 15 000 dollars avait été versée à l’école. (Photo : courtoisie)
Au-delà de l’école
Un peu plus loin, en remontant la rivière Saguenay, à Chicoutimi, l’implication passe notamment par des projets d’Eurêko. L’organisme saguenéen met en place différents projets auprès de multiples publics, pour favoriser l’écologie et la sensibilisation à l’environnement.
À la pépinière éducative, ce sont des enfants et adolescents qui viennent donner un coup de main pour la plantation et la récolte des fruits et légumes. Ces aliments sont par la suite redistribués gratuitement dans la communauté. « Ils sont conscients de leur geste d’empathie et de solidarité, ça leur donne la chance de s’engager dans le monde », exprime la chargée de projet chez Eurêko, Mary-Lise Chrétien.
« Les enfants ne sont pas nécessairement les acheteurs. On travaille avec eux leur capacité de dire à leurs parents ce qu’ils veulent ou pas mettre dans leur lunch comme fruits », ajoute-t-elle. Ainsi, ces jeunes deviennent des ambassadeurs de la cause environnementale. Ils réalisent qu’ils sont capables de créer leur propre nourriture.
Des projets qui inspirent
Le bilan des trois pédagogues est clair : en leur laissant ces responsabilités, les élèves sont fiers d’eux et ont envie d’appliquer ces gestes dans d’autres sphères de leur vie, comme à la maison.
Ces projets qui fleurissent à travers la province inspirent et suscitent l’intérêt. Cependant, les interlocutrices de l’école Saint-Joseph sont conscientes que leur modèle ne pourrait pas être réalisable dans des écoles avec un important nombre d’élèves.
Mais grâce à des initiatives comme celles d’Eurêko, de plus en plus de jeunes pourront être touchés. « C’est le pari qu’on souhaite. Quand tu offres des solutions qui sont ludiques, c’est gagnant gagnant. Les enfants, ils embarquent là-dedans », conclut Mme Chrétien, pleine d’enthousiasme.






