Réinventer le journalisme : la mission de la nouvelle génération

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Yves Boisvert a donné une conférence jeudi  à Jonquière dans le cadre du lancement du journal étudiant La Plume.

(Photo : Chrystian Dallaire)

Le monde médiatique est en pleine période de changement. C’est entre les mains de la prochaine génération de journalistes que se trouve son destin. C’est du moins l’avis du chroniqueur pour La Presse Yves Boisvert.

Yves Boisvert était de passage à Jonquière jeudi soir dans le cadre du lancement du journal étudiant La Plume.

Il observe l’évolution des médias avec un mélange d’optimisme et de prudence. Il insiste sur le rôle central des jeunes journalistes : « La génération qui s’apprête à entrer dans le monde des adultes aura le même rôle dans le monde des médias que partout ailleurs. Ils devront amener une nouvelle vision et une nouvelle énergie, en s’assurant de conserver l’essentiel de cette profession : livrer l’information la plus juste. » Pour lui, cette revitalisation est primordiale pour assurer la survie du journalisme.

Le problème de l’intelligence artificielle

Malgré tout, l’inquiétude n’est pas absente de son discours. M. Boisvert exprime une certaine appréhension face aux progrès de l’intelligence artificielle. « Ça m’inquiète parce que c’est un monde complètement inconnu qui avance rapidement. La notion même de la vérité commence à s’effriter et à devenir un peu insaisissable. » Cette disparition progressive de ce qu’on considère comme véridique, selon lui, menace les fondements mêmes du journalisme.

Les outils numériques occupent une place centrale dans les enjeux actuels. Il recommande donc une utilisation mesurée : « Encore là, ça va être à la nouvelle génération de faire preuve de jugement pour ne pas tomber complètement dans l’utilisation compulsive de ces outils-là. Il y a une bonne et une mauvaise façon de s’en servir. » Il ajoute qu’une dépendance excessive pourrait compromettre la rigueur journalistique.

L’espoir à l’horizon

Yves Boisvert reste persuadé que, malgré les changements à venir, le métier de journalisme demeurera. « Moi, je me rattache aux débuts du métier de journaliste. À la base, la principale raison de l’existence de cette profession, c’est parce que les gens ont besoin d’avoir la vérité. Aujourd’hui, c’est encore le cas et ça va toujours l’être, donc je suis confiant pour l’avenir. » Il ajoute que : « Selon moi, tout va changer, mais les racines resteront les mêmes, mais avec de nouveaux moyens, de nouveaux outils. »

Yves Boisvert travaille à La Presse depuis 1988.

(Photo : Chrystian Dallaire)

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