Liberté de presse : les photojournalistes tirent la sonnette d’alarme

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Des photojournalistes du monde entier ont eu l’occasion de présenter leur travail et discuter de leurs expériences lors du Zoom Photo Festival à Saguenay. (Photo : Raphaëlle Charbonneau)  

Plus de 520 professionnels des médias sont actuellement détenus selon le baromètre de Reporter Sans Frontières. Un chiffre qui illustre le recul de la liberté de la presse dans le monde. Plusieurs photoreporters et de nombreux journalistes déplorent la situation et expriment leurs inquiétudes. 

Une collaboration périlleuse 

La collaboration avec les autorités peut parfois être difficile pour les professionnels de l’information qui sont sur le terrain. La police est souvent réticente à laisser les journalistes et les photographes s’approcher de zones sensibles.

En tant que photographe indépendant, Alexis Pichot a couvert des manifestations pacifistes contre la construction d’une autoroute en France. Il déplore le comportement des agents de la paix présents sur place. « Vraiment j’ai vécu une oppression de la part des gendarmes, ils empêchaient les journalistes et photographes de faire leur travail. Dès qu’il y avait des points de vue ils mettaient des camions devant pour empêcher qu’on puisse faire des photos et filmer », rapporte-t-il.

 

Alexis Pichot couvre souvent des évènements relatifs à la préservation des êtres vivants, en particulier des arbres et des forêts.
(Photo : Raphaëlle Charbonneau)

Il raconte que plus de 150 gendarmes étaient présents avec deux camions blindés et un hélicoptère qui survolait la zone alors que 17 personnes manifestaient dans les arbres. Des barbelés ont été installés par les autorités pour empêcher les civils ainsi que les photographes de s’approcher de la scène. 

Personne n’a été blessé mais selon lui, les photographes ont largement étés opprimés. Il a même ressenti le besoin de prendre du recul sur la situation avant de repartir en couverture : « j’ai vécu une année très intense au niveau de la répression [… ], c’est important de prendre du temps pour soi pour pouvoir revenir avec de l’énergie. »

Un accès difficile 

La photojournaliste indépendante, Jen Osborne, ne compte plus les difficultés qu’elle a rencontrées lors de sa couverture des feux de forêt l’été passé. Elle dit avoir été contrainte de traverser la frontière canado-américaine pour prendre ses photos. Les lois canadiennes l’empêchaient de s’approcher des zones incendiées contrairement aux lois américaines. 

 

Jane Osborne a couvert les feux de forêt aux Etats-Unis et en Australie.
(Photo : Raphaëlle Charbonneau)

Elle déplore aussi les interpellations fréquentes de la part des autorités, pour vérifier son identité. Son ordinateur et ses photos ont été fouillés à de nombreuses reprises avant qu’elle soit autorisée à exercer son métier.  

« C’est notre travail d’aller questionner les acteurs de l’actualité. Si on n’est pas là pour voir ce qu’il se passe, nous ne pouvons pas dire ce qu’il se passe et comment ils éteignent le feu, nous ne pouvons pas dire au public ce que les gens font avec l’argent de leurs taxes » clame-t-elle. 

Selon elle, empêcher les photographes d’accéder à une zone sensible est dangereux parce que certains trouvent quand même le moyen de s’y rendre, malgré les risques. 

 

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