Zoothérapie en milieu scolaire : « C’est vraiment magique »

Lisa Lavoie amène M. Toupet chez elle lors des longs congés ou des vacances estivales. (Photo : Lily-May Fournier)
Les élèves de l’école Ste-Bernadette à Jonquière profitent d’un service de zoothérapie depuis un an. Lisa Lavoie, la travailleuse sociale de l’école, adore les animaux et croit qu’il y a de nombreux bienfaits à cette pratique. Elle a mis en place cette initiative pour apaiser les jeunes. C’est alors que M. Toupet, un petit cochon d’Inde, a fait son arrivée dans la vie des élèves.
Au début du projet, chaque classe avait une plage horaire où elle pouvait apporter M. Toupet dans son local. Cette année, il y a seulement les élèves en difficulté qui peuvent visiter le rongeur. S’ils veulent se recentrer, ils peuvent aller le cajoler. « Tout le monde aime M. Toupet. J’ai remarqué vraiment une grosse différence chez les jeunes qui sont agités. Ils sont beaucoup plus calmes après leur passage à mon local », affirme-t-elle.
Plus que des animaux
Il est important de comprendre que la zoothérapie, c’est plus que seulement des animaux. Ce sont des intervenants formés en relation d’aide qui utilisent l’animal comme lien entre eux et les élèves. Ça facilite beaucoup la participation des jeunes aux activités.

Ce sont des chiens bénévoles qui sont prêtés à Zoothérapie Mamma Mia. (Photo : Lily-May Fournier)
L’entreprise Zoothérapie Mamma Mia possède 50 animaux de tout type comme des oiseaux, des rongeurs, un chat et même un cochon. Ils font tous partie du programme APIZ (animal partenaire d’intervention en zoothérapie). Les intervenantes se déplacent dans les écoles afin d’y faire différents ateliers.
À chaque séance, Jade Gagnon apporte un animal à poil, un à plume et un rongeur. À travers ses activités, elle met à profit la zoothérapie pour enseigner des concepts comme l’autonomie, la propreté ou le respect des autres. Par exemple, l’intervenante utilise le hérisson, un animal naturellement timide, pour enseigner le respect de l’espace et la douceur des interactions.
Cette pratique a de nombreux bienfaits sur les jeunes. Ça peut diminuer le stress, motiver les enfants, développer l’empathie ou même améliorer l’ambiance d’une classe. « Parfois l’anxiété monte et ils ont de la misère à se faire comprendre. Avec l’animal, c’est comme s’ils se sentent compris et qu’ils peuvent le faire parler à leur place », dit l’intervenante chez Zoothérapie Mamma Mia.
Lien de confiance
Au regard de Jade Gagnon, il y a un lien de confiance fort qui se crée entre l’animal et le jeune. Leur présence est une source de réconfort. « Les animaux ne jugent pas. Ils ont seulement de l’amour à donner. C’est pour cela que les jeunes ont confiance en eux », ajoute-t-elle.

« C’est notre mascotte et on le trouve vraiment adorable. Chaque fois qu’on a du stress ou de la peine, on vient le voir et ça nous réconforte » dit une jeune élève en caressant M. Toupet. (Photo : Lily-May Fournier)
Cette proximité s’explique par l’organe voméronasale présent au-dessus du palais des mammifères. Cet organe permet aux animaux comme les chats et les chiens de détecter des molécules chimiques peu volatiles. « Cet odorat puissant permet aux chats et chiens de sentir le cortisol. Même si on voulait cacher notre stress, ils le sentiraient », précise Mme Gagnon.
Expérience « magique »
Jade Gagnon aimerait que les gens comprennent à quel point la zoothérapie peut faire une différence. Elle a confié qu’un jeune atteint d’un TSA, qui est normalement très réservé, s’était complètement métamorphosé durant une séance. « J’avais présenté mon petit chien comme étant timide en espérant qu’il se sente moins seul. Il a tout de suite réagi en disant qu’il l’était lui aussi. Il a ensuite passé tout l’après-midi collé avec l’animal », explique-t-elle. C’est un moment dont elle se souviendra à jamais.






