Feux d’artifice: Un monde méconnu

Depuis le Xe siècle, les feux d’artifice illuminent le ciel. (Photo : Yves Levasseur / Feux d’Artifice Pyrospek)
Derrière l’émerveillement qu’offrent les feux d’artifice, il y a de nombreux défis : des difficultés techniques, particulièrement en hiver, ainsi que des normes environnementales de plus en plus strictes. Quand le ciel s’illumine, le public assiste à un spectacle féerique. Derrière cette magie, les artificiers redoublent d’ingéniosité pour offrir une prestation à la hauteur des attentes.
Les systèmes modernes de mise à feu fonctionnent désormais avec des batteries. Une avancée technologique qui simplifie le travail, mais qui comporte ses limites lorsque le mercure chute. « Les batteries sont moins efficaces l’hiver », reconnaît François Duchesne, propriétaire de Feux d’Artifice Pyrospek, situé à Jonquière. Il précise qu’« il y en a maintenant qui supportent très bien les températures très froides ». Malgré tout, les conditions demeurent exigeantes.

François Duchesne fête les vingt ans de sa compagnie, Feux d’Artifice Pyrospek. (Photo : Yves Levasseur / Feux d’Artifice Pyrospek)
Les artificiers doivent brancher une multitude de petits fils, souvent dans la neige, avec des gants et les doigts engourdis. « Quand on a des petits fils à connecter en hiver, c’est sûr que c’est plus compliqué », explique M. Duchesne.
Pour les événements d’envergure, des mesures supplémentaires sont prévues. « Des fois, on doit amener des systèmes de chauffage pour être capables de connecter tous nos petits modules, nos petits fils », souligne Yanick Roy, propriétaire de Royal Pyrotechnie. Des tentes chauffées permettent ainsi de protéger l’équipement et d’assurer des branchements sécuritaires avant le lancement.
L’environnement: une priorité
Au-delà des défis techniques, l’enjeu environnemental prend de plus en plus de place dans l’industrie. Pollution de l’air, résidus au sol, bruit : les préoccupations sont bien réelles.
« On n’est plus dans les années 80. Aujourd’hui, on fait attention à ce qu’on utilise et à la façon dont on le fait », affirme Yanick Roy. Les compositions modernes sont davantage encadrées et les fournisseurs travaillent à réduire la présence de métaux lourds responsables des couleurs.

En 2021, Yanick Roy a eu la chance de participer à la mi-temps de la Coupe Grey à Hamilton. (Photo : Facebook : Royal Pyrotechnie)
Selon Ressources naturelles Canada, le plastique, autrefois utilisé dans certains composants, a été éliminé. On privilégie maintenant le papier, le carton et même des matériaux à base de riz. « Lorsque les résidus tombaient au sol ou dans l’eau, c’était du plastique et ça me faisait bizarre de voir ça », confie l’homme d’affaires jonquiérois.
Les perchlorates, longtemps utilisés pour provoquer la combustion, sont aujourd’hui abandonnés par son entreprise. « Nous n’utilisons plus cet oxydant. C’est important pour nous de faire attention », insiste-t-il.
« Dans le fond, malgré les intempéries, 99 % du temps, on est capables de livrer le spectacle », affirme Yanick Roy.
Malgré le froid et les ajustements nécessaires, les annulations demeurent rares. L’expérience et la préparation permettent généralement de respecter la programmation.
Les retards, eux, sont rarement techniques. Il arrive que des artistes prolongent leur prestation, ce qui décale l’horaire. Dans ces cas, les artificiers doivent attendre le signal. « Le client qui me paie, c’est lui qui décide », rappelle-t-il.
« Derrière chaque explosion colorée se cache un travail minutieux et une capacité d’adaptation constante. Le public ne voit que quelques minutes de lumière dans le ciel, mais pour nous, ce sont des heures de préparation », résume François Duchesne.






