On ne fait pas juste partie du décor : un cri du cœur

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Philôme La France

Dans sa lettre, Philôme La France mentionne que les régions sont souvent considérées comme des lieux de vacances, mais on oublie que ce sont des milieux de vie.  (Crédit : Courtoisie )  

Le maire de Petit-Saguenay, Philôme La France, lance un cri du cœur dans une lettre d’opinion publiée dans La Presse aujourd’hui. L’article intitulé On ne fait pas juste partie du décor souligne les « inégalités profondes entre ce qu’on appelle les régions ressources et les milieux urbains. »    

« Ce que je veux, c’est sensibiliser les citoyens à l’effet qu’il faut reconsidérer le rapport entre les milieux ruraux, entre autres où il y a de la foresterie, et les milieux urbains », explique le maire de Petit-Saguenay. Il souhaite que les gens des grandes villes comprennent le rôle que la région joue. « Je veux que les citoyens comprennent ce que sont nos réalités et qu’en dehors des beaux paysages et des choses qu’on protège, on a aussi une réalité économique. »    

« On a une réglementation sur les milieux humides qui fait en sorte que, là où il y a les capitales et là où il y a de l’intérêt à investir et à construire, il n’y a pas de problème à remplir des milieux humides. Les promoteurs vont le faire, ils vont payer des compensations et ils vont construire », explique le maire. En région, la question se pose moins, étant donné le manque d’intérêt. Selon lui, dans les grands centres, il est plus « facile de bafouer les environnements » qu’en milieu rural.   

Il applique ce principe de politique à deux niveaux au contexte de crise forestière qui frappe la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis quelques années. « Il semble avoir peu d’intérêt de la part de nos gouvernements pour intervenir de façon importante. S’il y avait eu une crise dans l’industrie de l’automobile, il y aurait eu des interventions, dénonce-t-il. Donc on vient soutenir des industries qui sont importantes dans certains milieux importants, mais on vient moins intervenir pour les industries qui sont aussi importantes, mais dans d’autres milieux. » C’est d’ailleurs la fermeture de la Scierie Petit-Saguenay qui l’a motivée à écrire la lettre d’opinion.   

Philôme La France mentionne que les politiciens sont « obsédés » à créer des emplois payants, mais ils n’en prennent pas soin. « On les a chez nous. Un travail à 25, 30, 35 $ de l’heure, c’est l’équivalent d’un travail à 40 $ de l’heure à Montréal. Mais avec la scierie qui est fermée, ce sont nos meilleurs emplois qui disparaissent. Le milieu et agricole et touristique est beaucoup moins payant. »   

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