Le véritable “gagne-pain” du hockey junior

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Les Saguenéens sont deuxièmes au classement général de la LHJMQ. Photo : Alexis Gauthier-Gagné

Dans un contexte économique compliqué pour la majorité des équipes de la Ligue canadienne de hockey (LCH), une participation en séries éliminatoires représente beaucoup. Encore plus quand la formation augure parmi les favoris. À quoi ressemblent les retombées d’une saison prolongée ?

Moshe Lander est le seul expert en économie sportive au Canada. Photo : Courtoisie

« Le succès d’une équipe junior lorsqu’elle domine est l’élément clé qui lui permet de garder ses partisans et de prospérer économiquement, » affirme le seul économiste du sport au Canada, Moshe Lander. Il confirme que peu d’équipes dans la LCH font de l’argent. Selon lui, le profit provient majoritairement d’un parcours respectable en séries éliminatoires.

« De 200 000 à 300 000$ par match en séries »

Le revenu des Saguenéens a particulièrement augmenté durant cette saison régulière en raison des bonnes performances de la formation de Yannick Jean. Le Centre George-Vézina est pratiquement à pleine capacité depuis plusieurs rencontres.  « Cette année, nous approchons les 5 millions de dollars en revenus seulement pour la saison régulière. Les séries pourraient nous permettent d’aller chercher entre 200 000 et 300 000 $ par rencontre », affirme le directeur des opérations, Serge Proulx. Il estime que ce nombre peut doubler ou tripler dépendamment de la fièvre des séries.

Plusieurs années pour construire un effectif compétitif

« En raison des cycles de reconstruction et du manque de profit de la plupart des équipes, c’est une roue qui tourne. Une formation qui n’évolue pas dans un gros marché reste forte pour engendrer du revenu pendant un an ou deux, puis elle doit attendre une décennie avant de revenir dans l’élite, et donc, d’engendrer un bon revenu », indique Moshe Lander.

Serge Proulx rejoint l’économiste sur l’idée de bâtir un effectif compétitif. Ce sont plusieurs années de préparation qui ont mené à la saison 2025-2026, un point culminant pour les Sags. « Ça fait longtemps que 2026 est dans notre mire. On vise très haut cette année et ce serait évidemment décevant de sortir rapidement en séries. Mais ça peut arriver à n’importe qui de se faire sortir par surprise. On l’a déjà vu dans le passé et on continuera de le voir », affirme-t-il.

Serge Proulx est directeur des opérations des Saguenéens de Chicoutimi depuis 2016. Photo : Courtoisie

La LCH compose avec des enjeux géographiques  

Beaucoup de marchés de la Ligue canadienne de hockey évoluent dans des régions éloignées. Si elles veulent attirer de bons joueurs, des moyens convaincants doivent être mis en place pour les attirer.

Du côté de Chicoutimi, M. Proulx souhaite maximiser les conditions académiques des joueurs. « L’argent du moitié-moitié acquis pendant la saison régulière et les séries est réinvesti dans l’éducation scolaire des joueurs. On veut donner un environnement extraordinaire aux prochains athlètes qui porteront l’uniforme des Saguenéens. »

Moshe Lander s’inquiète de l’avenir des équipes qui évoluent dans de petites villes éloignées, notamment du côté de Baie-Comeau dans la LHJMQ. Il estime que si les jeunes joueurs veulent se démarquer pour atteindre un jour la LNH, il est préférable pour eux de jouer dans de gros marchés.  « En raison du manque de ressources des équipes juniors avec une petite population, je pense que plusieurs petites équipes disparaitront ou que le déséquilibre entre les équipes de la LHJMQ s’enfoncera. » L’économiste souligne également la difficulté grandissante des équipes à octroyer des fonds pour les besoins de base de ses athlètes, comme la nourriture, l’hébergement et le transport.

Des circonstances particulières pour les Sags

Dans le cas où les Bleus décrocheraient leur qualification à la Coupe Memorial en remportant les séries éliminatoires, le tournoi se déroulerait à Kelowna, en Colombie-Britannique. Il s’agit du même endroit où la compétition aurait dû avoir lieu en 2020.  « C’est tout un adon, car nous étions prétendants à la Coupe Memorial en 2020, mais la pandémie a compromis la fin de saison. Et là, elle se rejoue cette année au même endroit, affirme Serge Proulx.

 

 

 

 

 

 

 

 

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