Semaine de la vérité et de la réconciliation : « parler des choses malaisantes »

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animatrice de l'évènement

Les animatrices de l’évènement, Marie-Céleste Kennedy et Kate Bacon, ont fait part de leurs expériences personnelles afin d’amorcer la conversation. (Photo : Félix Parenteau)

C’est l’élément central dont il a été question lors du dialogue interculturel entre Autochtones et non Autochtones organisé par l’UQAC, ce lundi. L’activité s’est déroulée dans le cadre de la Semaine de la vérité et de la réconciliation, en partenariat avec le Cégep de Jonquière, avec pour objectif de tisser des liens plus forts entre deux groupes souvent incompris l’un de l’autre.

Le Centre des Premières Nations Nikanite était bondé d’étudiants, d’enseignants et de membres de différentes communautés autochtones venus échanger sur les liens qu’entretiennent Autochtones et non-Autochtones. Le but était de favoriser des relations authentiques entre les deux groupes. Pour Marie-Céleste Kennedy, animatrice instigatrice de l’évènement, l’idée était justement de sortir des discussions plus formelles qui entourent habituellement la Semaine de la vérité et de la réconciliation. « Les gens ont soif de parler de façon plus informelle, d’avoir des conversations, parler du vrai, des vraies choses », explique-t-elle.

Une cérémonie de purification à la sauge a d’abord inauguré l’évènement, créant un moment propice à l’ouverture avant d’amorcer les échanges.

Rapidement, le flot de la conversation a émergé avec de nombreux témoignages touchants concernant la solitude que peuvent vivre les personnes autochtones dans la communauté étudiante. C’est avec bienveillance que les personnes non autochtones se sont interrogées sur leur apport à ce sentiment de solitude vécu par certains étudiants issus de communautés autochtones. Pour l’étudiante autochtone Kennya Bellemare-Boucher, ces situations ne sont pas nécessairement attribuables à de mauvaises intentions, mais davantage à un manque de connaissances. Elle explique que certaines interactions peuvent être « plus maladroites » parce que les gens ne savent pas toujours comment aborder certains sujets.

Avancer ensemble

Une étudiante fait part des microagressions vécues au fil de son parcours scolaire et le sentiment de n’être qu’une « autochtone de poche ». (Photo : Félix Parenteau)  

Le constat : il est presque inévitable de faire des erreurs des deux côtés de la médaille, mais le désir de s’intéresser à la réalité autochtone représente déjà un pas en avant afin de tisser des liens solides et authentiques. « Il faut en arriver à avoir des relations saines et respectueuses entre autochtones et non autochtones », tout en acceptant qu’« on va faire des faux pas », rappelle Kate Bacon, conseillère à la vie étudiante, développement et sécurisation culturelle au Cégep de Jonquière,

Pour les participantes, l’écoute et l’ouverture demeurent au cœur de cette démarche. Kennya Bellemare-Boucher évoque notamment l’importance de « reconnaître sa place » et de faire preuve de sensibilité dans les relations interculturelles. De son côté, Kate Bacon retient surtout l’écoute et le respect, ainsi que la nécessité de laisser davantage de place aux voix autochtones.

« Ça, pour moi, c’est la plus grande réussite de notre cercle, de pouvoir parler de choses qui peuvent être malaisantes. »

À titre de rappel, la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation aura lieu ce mercredi 30 septembre. Cette date symbolique souligne la rentrée dans les pensionnats par les jeunes Autochtones au cours du siècle dernier.

Le Cégep et l’Université ont tous deux une vaste programmation cette semaine afin de sensibiliser la communauté à la réalité autochtone. Il est possible de la consulter directement sur leurs sites web.

UQAC 

Cégep de Jonquière

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