Fin de la TVQ sur les produits de seconde main, une bonne idée qui ne fait pas l’unanimité

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Friperie “Objet rejet” située à Jonquière. (Photo: Marine De Ville)

La promesse de retirer la TVQ sur les biens d’occasion réjouit les friperies de Jonquière, mais un professeur de l’UQAC la juge trop ponctuelle.

Marilyn Bouchard, propriétaire de "Objet rejet" Jonquière. (Photo: Marine De Ville)

Marilyn Bouchard, propriétaire de “Objet rejet” Jonquière. (Photo: Marine De Ville)

« Je trouve que c’est seulement logique de ne pas taxer un produit qui a déjà été taxé à la base », affirme Marilyn Bouchard, propriétaire d’une friperie à Jonquière depuis deux ans et demi.

Élu le 5 octobre à la tête d’un gouvernement minoritaire, Paul St-Pierre Plamondon s’est engagé à abolir la TVQ de 9,975 % sur les biens usagés, des vêtements aux voitures. La mesure figure parmi les priorités des 100 premiers jours, mais aucune date n’est fixée. Selon le Parti québécois, elle coûterait environ 700 millions de dollars par année.

Avec la hausse du coût de la vie, la commerçante croit que la mesure attirera plus de clients vers la seconde main. Sur un achat de 100 $, l’économie serait d’environ 10 $, la TPS restant en place. « Ça donne quasiment un morceau de plus », illustre-t-elle.

Vincent Morin, professeur à l’UQAC, reconnaît que la mesure cible des biens souvent achetés par les ménages à faible revenu. Il la juge toutefois limitée. « C’est une mesure très ponctuelle. Ce n’est pas comme si mon épicerie me coûtait 50 $ de moins par mois », explique-t-il. Selon lui, le loyer et l’épicerie pèsent bien davantage sur les familles.

L’économiste s’interroge aussi sur le financement, puisque les revenus perdus devront être compensés ailleurs. « J’espère que ce n’est pas la seule option qu’on a pensée pour réduire le coût de la vie », lance-t-il. Il n’exclut pas non plus que certains vendeurs gonflent leurs prix. « Sûrement qu’il y en a qui vont essayer de se mettre ce petit pourcentage-là dans les poches », admet-il, même si la concurrence devrait limiter ce risque. « Je préfère des mesures qui sont un peu plus permanentes », retirer les taxes sur les produits essentiels, offrir des crédits aux personnes à faibles revenus, encadrer les loyers ou bâtir du logement social aiderait davantage les familles, qui peinent surtout à payer le loyer et l’épicerie.

Les deux intervenants se rejoignent toutefois sur l’économie circulaire. Si l’effet environnemental lui semble faible pour les voitures, Vincent Morin salue la réutilisation des vêtements. « Ça, on en jette trop », souligne-t-il.

Le cabinet du ministre des Finances n’avait pas donné suite à la demande d’entrevue de La Pige au moment de publier.

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