Anthropocène, l’époque humaine | Un documentaire saisissant

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Des montagnes de défenses d’éléphants et de rhinocéros brûlées en signe d’opposition au braconnage.

Les spectateurs du documentaire Anthropocène: l’époque humaine ont été saisis par les images époustouflantes des transformations planétaires par l’humain, lors de la présentation spéciale du ciné-club du Cégep de Jonquière, mercredi midi.

Anthropocène est un documentaire réalisé par les Canadiens Jennifer Baichwal, Nick de Pencier et Edward Burtynsky. Quatre années et plus de 20 pays visités ont été nécessaires à son tournage. Le film présente le concept du changement d’époque géologique, caractérisé par l’action humaine, appelée Anthropocène. La création de la machine à vapeur en 1794, qui a marqué le début

de la révolution industrielle, aurait ouvert cette nouvelle ère et terminé la période de l’Holocène, qui a commencé il y a 11 500 ans.

Le peu de paroles laisse toute la place au visuel, qui parle de lui-même. À l’appui, le plus gros excavateur au monde, le Bagger allemand de 12 000 tonnes, est la vedette de l’écran lors d’une scène. Dans le film, les machineries industrielles sont personnifiées comme des monstres détruisant la planète. Une pelle mécanique s’empare même du clocher d’une église, le forçant à se soumettre aux nouveaux maîtres de ce monde de métal.

Les plans très artistiques surprennent le spectateur, que ce soit ceux aériens ou rapprochés. «Le film est paradoxalement très beau, c’est ce qui le rend dérangeant», exprime la présidente du conseil d’administration du ciné-club de Jonquière et animatrice des soirées, Manon Lortie. Par exemple, une des scènes du film illustre l’acidification en accéléré des coraux. Les couleurs flamboyantes de l’organisme vivant s’atténuent jusqu’au blanc. Le spectateur observe aussi les gigantesques bassins d’évaporation de lithium, d’un bleu vert magnifiquement chimique, dans le désert de sel d’Atacama, au Chili.

Une décharge africaine remplie de technofossiles.

Pour l’enseignant du cours Catastrophes climatiques et leurs impacts sur l’homme du Cégep de Jonquière, Martin Bertrand, le long-métrage est un outil pédagogique qui rejoint directement la matière de son cours. «Un film comme celui-là crée de l’émotion, une méthode qui favorise l’apprentissage.» Il a donc fait une association avec le ciné-club puis a convié ses étudiants au visionnement du film qui se trouve encore au cinéma.

Selon la directrice générale du ciné-club de Jonquière Catherine Boulay, le sujet était trop d’actualité pour le laisser passer. «On reçoit un énorme volume de films, il faut faire des choix. Mais même si nous n’avions plus de place le lundi soir pour Anthropocène, il fallait le présenter.»

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