mercredi , 10 août 2022

Laterrière, Shipshaw et Lac-Kénogami pourraient s’allier

Les citoyens de Laterrière, Shipshaw et Lac-Kénogami estiment payer plus cher de taxes et de frais sans voir de bonification de leur prestation de services. Photo: Félix Bouffard

Les groupes de contestation citoyenne de Laterrière, Shipshaw et Lac-Kénogami pourraient faire front commun si la Ville de Saguenay ne reconnait pas les iniquités dont ils se disent victimes. «La Ville nous démontre toujours une belle ouverture, mais on est toujours rapidement déçus. Les gestes ne suivent pas les paroles», déclare la porte-parole du groupe de citoyens de Laterrière, Virginie Hallahan-Pilote.

«On n’a pas encore décidé ce qu’on pourrait faire. C’est sûr que nous allons nous rencontrer pour le décider si la Ville ne réagit pas», rapporte-t-elle. Par contre, elle se dit encore très optimiste. «Nous à Laterrière, on laisse la chance au conseil municipal de régler nos problèmes et ceux des autres secteurs, essentiellement les frais supplémentaires sur leurs installations septiques et la perte de leur service incendie. La mairesse Josée Néron nous a dit que la Ville nous donnerait des nouvelles avant le 15 novembre, lors du dernier conseil municipal. Notre ultimatum est le 14», affirme Mme Hallahan-Pilote.

Le conseiller Kevin Armstrong, qui siège sur le comité des finances de la Ville de Saguenay, croit qu’il faudrait élargir la tarification des services à la pièce, apportant ainsi plus d’équité dans les secteurs ruraux.«Il y a deux façons d’aller chercher de l’argent dans une ville. Par la taxe foncière et par la tarification de services.Dans certains secteurs, les services pourraient être tarifés au montant qu’ils coûtent et appliqués tout dépendant de la réalité de ce secteur. Ce modèle pourrait intégrer une infinité de possibilités.»

Le conseiller Kevin Armstrong, lors du conseil municipal du 7 octobre dernier.
M. Armstrong s’est prononcé sur le sujet avant le conseil municipal du 7 octobre dernier où des Laterrois sont venu plaider pour leur cause. Photo: Titouan Bussiere

À Saguenay, seuls les services d’aqueduc, d’égout et de collecte d’ordures sont tarifés. Ils ne le sont toutefois pas par secteur puisque tout le monde paie également 150 $ pour chaque service. Les autres services comme le déneigement sont payés par la taxe municipale.

«Le plus compliqué s’est de mesurer l’équitabilité de la prestation de service d’un secteur à l’autre.»

«Si, par exemple, les citoyens veulent un déneigement supé-rieur, ils paieraient plus et l’inverse serait aussi envisageable. À Saguenay on a utilisé presque exclusivement la taxe foncière pour payer les services aux citoyens, des services qui auraient pu être payés à la pièce. Maintenant, le plus compliqué, c’est de mesurer l’équitabilité de la prestation de service d’un secteur à l’autre».

Lac-Kénogami

La porte-parole des résidents de Lac-Kénogami, Geneviève Chrétien-Belley décrit sa situation comme encore pire que les deux autres secteurs concernés. «Nous, en plus d’avoir les mêmes problèmes que Laterrière, l’ancienne municipalité de Lac- Kénogami créait des rues sur des chemins privés.

«Il y a des matins où je ne peux pas aller travailler. Je suis enclavé chez moi»

Depuis la fusion, la Ville de Saguenay n’a pas considéré les rues comme publiques, alors tout le monde doit payer les taxes de son bout de chemin. De plus, on est souvent les derniers déneigés l’hiver. Il y a des matins où je ne peux pas aller travailler. Je suis enclavée chez moi», dénonce Mme Chrétien-Belley. Avec la démission récente de Jonathan Tremblay, leur conseiller, plusieurs résidents du secteur auraient perdu espoir en leur cause. Une élection partielle se tiendra dans le secteur le 15 décembre.

Laterrière

Selon Mme Hallahan-Pilote, le conseiller Michel Potvin avoue régulièrement que les Laterrois paient trop et depuis longtemps. Elle trouve décevant de devoir encore se présenter au conseil municipal pour faire valoir ses droits.

«Notre évaluation foncière est démesurée en raison de la popularité du secteur. On doit payer des frais en surplus à la Ville sur des composantes de nos installations septiques que nous avons payées. Nous avons perdu nos services incendie et la caserne de pompiers la plus proche est maintenant sur le boulevard de l’Université à Chicoutimi», énumère-t-elle. Virginie Hallahan-Pilote, qui est d’ailleurs native de son secteur, avoue aussi qu’il lui arrive de regarder du côté de Saint-Honoré. «C’est une ville qui ressemble à Laterrière côté campagne en ville, mais là au moins ça serait plus facile parce qu’elle n’est pas rattachée à la Ville de Saguenay.»

Shipshaw

L’un des leaders du groupe de contestation citoyenne à Shipshaw, Nicolas Jonkmans, partage des revendications semblables à celles des Laterrois. «Mais, contrairement à Later-rière, nos maisons perdent de la valeur à cause des services qui sont éloignés, comme les pompiers, les égouts et l’aqueduc. Si je vends ma maison demain matin, je perds énormément d’argent.»

À propos de Félix Bouffard

Originaire de Saint-Raphaël en Chaudière-Appalaches, Félix Bouffard s'est intéressé très tôt dans sa vie aux médias et l'actualité. Après avoir fait son secondaire au Collège Dina-Bélanger, il s'est tout de suite dirigé vers Jonquière pour entrer dans le monde du journalisme. Passionné de politique et de débat, il ne dit jamais non à une discussion serrée. Il adore repenser notre monde, se remettre en question et trouver la vérité. Il adore les aventures improvisées en forêt ou en montagne. Que ce soit à pied ou en raquettes, la randonnée c'est son sport ! L'été dernier, Félix a travaillé comme superviseur et gestionnaire dans un organisme à but non lucratif montréalais appelé Un vélo une ville.

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