Conciliation mères et études : un défi de plus en plus complexe

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Les jeunes mères étudiantes sont déjà confrontées à de nombreux défis.L’inflation, le manque de places dans les garderies et la pénurie de médicaments ajoutent un fardeau supplémentaire.

« Juste un paquet de couches c’est 50 dollars, c’est super dispendieux et c’est l’élément dont on a le plus besoin. Un pyjama c’est trente dollars, mais on doit le changer tous les mois tellement que le bébé grandit. C’est difficile financièrement, si seulement je pouvais avoir plus de ressources pour m’aider », mentionne une jeune maman de 20 ans, Maude Fortin.

Cette dernière a dû cesser ses études lorsqu’elle était enceinte à 19 ans de son fils Mathéo, puisqu’elle était excessivement malade. À présent, la mère souhaite retourner aux études pour montrer à son enfant que tout est dans la volonté et le positivisme. Cependant, ses problèmes financiers pèsent dans la balance. « C’est jeune tomber enceinte à 19 ans, j’aurais aimé être bien financièrement. Une chance que j’ai des parents qui m’aident sinon je ne verrais pas le bout. Pour mon retour à l’école, je me fie beaucoup aux prêts et bourses », précise-t-elle.

Mathéo, 15 mois, petit bébé de Maude Fortin, 20 ans, qui se donne corps et âme pour qu’il aille tout ce dont il a besoin.
(Photo : courtoisie)

Places en CPE : un stress supplémentaire

Pour certaines, c’est le manque de places en garderie qui est une source d’anxiété. Il oblige des mères à manquer leurs cours pour garder le bébé à la maison. « J’avais trouvé une garderie pour ma fille et elle vient tout juste de nous laisser tomber, elle ferme définitivement. Aucune garderie n’est offerte à l’UQAC depuis la pandémie. Je ne peux pas aller à mes cours, je ne peux pas laisser ma fille seule à la maison », insiste une étudiante à l’UQAC et la mère d’un bébé de 16 mois, Émilie Emond.

Pour d’autres, le tarif des garderies est une grande préoccupation. « C’est extrêmement cher ! Ça me coûte 40 dollars par jour, ce qui veut dire 200 dollars par semaine, donc 1200 dollars par mois », évoque Maude Fortin. C’est pourquoi elle s’est tournée vers un milieu familial non subventionné. Ainsi, le gouvernement lui rembourse un certain montant par mois en fonction de son salaire. Selon la mère de Mathéo, si elle ne trouve pas un CPE lors de son retour de ses études, elle devra abandonner l’idée d’aller à l’école.

La course aux médicaments

Avec la saison des grippes, la pénurie de médicaments pour enfant est une problématique à laquelle les mères font face. « C’est impossible de trouver des médicaments pour enfants, c’est mon plus gros problème à ce jour. Heureusement, on a un groupe d’entraide entre mères sur Facebook pour se soutenir. On se passe ce dont on a besoin entre nous, ça aide », précise Camille Emond-Lajoie, mère d’une petite fille d’un an.

Camille Emond-Lajoie, en compagnie de sa petite fille d’un an, espère que la pénurie de médicaments pour enfants se règlera rapidement.
(Photo : courtoisie)

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