Des apprenties sorcières à Saguenay

Christelle Morin et Bianca Perreault, propriétaires de la compagnie ésotérique Terre Magick, depuis 2 ans. (Photo : Sara-Léa Bouchard)

 

Ce sont dix apprenties sorcières qui se sont présentées au tout premier cours de sorcellerie débutant de la boutique Namasté à Chicoutimi.

Amulette, sel noir, pentagramme, eau de lune, autel, encens… un répertoire de mots liés au monde de la magie est sorti lors du cours théorique guidé par les propriétaires de l’entreprise Terre Magick, Christelle Morin et Bianca Perreault.

L’objectif du cours, qui a suscité l’intérêt d’une quarantaine de personnes à la sortie de l’annonce sur Facebook, est de rendre la magie et la sorcellerie accessibles pour tous.

Toutefois, un engouement plus fort a été constaté chez la gent féminine.

« Ce n’est pas pour rien que c’est un mouvement qui est assez féministe. Ça nous rapproche de nous-même. Ça nous redonne un certain pouvoir sur notre vie. Ça nous permet de comprendre nos émotions et d’avoir ce sentiment de communauté, d’appartenance », explique Bianca Perreault, qui baigne dans cet univers depuis ses 18 ans.

Il s’agit d’un évènement que les deux femmes prévoyaient depuis longtemps, pour partager leur profession peu commune avec des gens passionnés par le sujet.

Le kit de magie pour débutant, offert pour rendre plus concret les apprentissages durant la soirée. (Photo : Sara-Léa Bouchard)

 

« C’est vraiment une question de transmettre un savoir, et ça ne se fait plus comme dans le temps, en allant voir la sorcière du village », renchérit Mme Perreault.

Croire en la sorcellerie, pour Christelle Morin et Bianca Perreault, c’est aussi faire tomber les limites de l’imaginaire.

C’est d’ailleurs ce que signifie Mme Morin. « Si tu crois que la magie n’existe pas, c’est parce que tu n’as pas envie d’y croire. Pourtant, elle est partout et des coïncidences significatives. Ça arrive à tous les jours. »

Christelle Morin insiste en expliquant que « les gens qui disent qu’il n’y a pas de magie, c’est parce qu’ils n’ont pas été capables de s’ouvrir à ça. Ils se protègent de quelque chose qu’ils ne connaissent pas, mais qui pourtant est bien présent. »

La magie aux yeux de la religion

Selon l’abbé Gilles Garneau, curé de la paroisse de la municipalité de Saint-Nazaire, les gens qui pratiquent la sorcellerie ne sont pas souvent intéressés à venir dans les lieux de culte.

« Je n’ai jamais encouragé ces pratiques-là. La sorcellerie emprisonne les personnes dans une façon d’être et de vivre qui les empêche d’être autonome et de jouir d’une certaine liberté. »

Il croit que toute personne doit rester humaine, responsable, et en mesure de canaliser des situations au quotidien, ce que la magie ne permet pas.

« Notre liberté est toujours importante. Au fils du temps, le concept des êtres spirituels, de la sorcellerie, a comme été dévié de son orientation et a rendu les adeptes esclaves de ces phénomènes. »

Faire la lumière sur le phénomène

D’un autre côté, d’après l’enseignant en théologie et en sciences religieuses de l’Université Laval, Alain Bouchard, le retour à la nature est de mise pour les sorcières contemporaines.

Les Sabbats vendus par Terre Magick, conceptualisés par Bianca Perreault et mis en vente à un temps précis de l’année, cette fois à l’approche des fêtes. (Photo : Sara-Léa Bouchard)

 

« Elles vont prôner les rituels en nature. Elles vont discuter d’espace avec les quatre points cardinaux, entre autres. Tout comme elles vont se baser sur les quatre éléments, soit l’eau, la terre, l’air et le feu. Les sorcières vont aussi avoir affaire avec les forces de la nature, qui sont appelées les divinités. »

Pour lui, c’est un mouvement qui est loin d’être récent.

« Ce phénomène se développe depuis les années 80-90. Je situe les sorcières à peu près sur un plateau. On ne voit pas une grande augmentation des adeptes, comme on a pu en voir une dans ces années-là. Il reste que la sorcellerie est l’une des formes de religion la plus populaire actuellement. »

 

 

À propos de Sara-Léa Bouchard

Originaire du Lac St-Jean, Sara-Léa Bouchard a trouvé sa place en Art et technologie des médias. L’écriture a toujours été omniprésente dans sa vie. En 2016, elle publiait son premier livre Le mystérieux bracelet, suivi du tome 2 en 2018, Dans l’ombre de la faille avec les Éditions Première Chance. L’an dernier, elle était co-directrice du Webmagazine La Cerise, un journal pour les étudiants du Cégep de Jonquière. Elle a légué son expérience à la relève. Elle souhaite tailler sa place dans le journalisme en y ajoutant sa plume et sa couleur. « Le journalisme est parfois gris et fade », pense-t-elle. Son objectif est donc de le faire rayonner davantage. Ambitieuse et talentueuse, Sara a un penchant pour la nouveauté et l’innovation.

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