Jacob Karivelil : la star du Mont-Fortin

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Être diagnostiqué d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA) et n’être âgé que de 13 ans attire certainement les regards. C’est le profil de Jacob Karivelil qui a décidé de ne pas fuir les regards, mais bien de les attirer, lui qui travaille au Mont-Fortin ainsi qu’à la crèmerie Chez Pinocchio.

Jacob Karivelil est un grand fan de Mario Bros. C’est d’ailleurs l’un de ses passe-temps favoris. (Photo : Courtoisie)

« Jacob a été diagnostiqué du TSA de niveau un quand il avait cinq ans. Pour lui, ce qui est plus difficile, c’est de mettre le doigt sur la bonne émotion et de bien comprendre. Il ne peut pas comprendre le second degré. Il est aussi impulsif, il a un TDAH et il se répète souvent », explique sa mère, Marie-Eve Lachance.

Malgré ses différences, il n’en reste pas moins un adolescent comme les autres. Décrit comme un garçon qui adore le contact avec les gens en plus d’être intelligent, positif et très farceur, il pratique les mêmes passe-temps que les autres enfants de son âge.

« Mario Bros, c’est une fascination chez lui. Il aime aussi jouer à Roblox, Uno et Minecraft sur son iPad. Puis, sa nouvelle passion, c’est le hockey, on va à presque toutes les parties de s Saguenéens de Chicoutimi », décrit sa mère.

Par contre, Jacob a dû passer par un parcours scolaire un peu plus compliqué que certains. Après la  garderie, il a fait deux fois la maternelle pour qu’il ait un maximum d’acquis au niveau social et qu’il apprenne le sens des responsabilités. Il a ensuite fait les trois classes d’adaptation scolaire de son école avant de doubler sa 4e année. Il est actuellement en dernière année de primaire et doit faire une intégration en vue de la polyvalente.

Année après année, il se retrouve dans des classes dites normales, mais tout de même adaptées à sa situation. Ce sont donc des classes avec moins d’élèves, un rythme d’apprentissage plus lent et plus d’intervenants.

Des retrouvailles bénéfiques

« Il y a deux ans, quand Jacob avait 11 ans, il est allé au Bar laitier Chez Pinocchio et il a croisé Annick, son éducatrice de quand il avait deux ans. C’était la propriétaire du bar laitier et du restaurant au Mont-Fortin. Jacob lui a dit : “Je veux travailler avec toi et faire la caisse’’, et elle lui a répondu de revenir quand il aurait 12 ans. C’est ce qu’il a fait et il a été engagé aux deux places », explique sa mère qui est éducatrice.

Jacob travaille toujours au Bar laitier Chez Pinocchio durant l’été, ainsi qu’au restaurant Le Yéti du Mont-Fortin les samedis.

« J’aime ça travailler parce que je fais des slushs ! Mon truc préféré c’est faire la caisse parce qu’il y a le bouton cancel, mais j’ai pas le droit d’y toucher », explique Jacob.

Selon sa mère, l’intérêt pour le travail de Jacob est venu avec plusieurs effets bénéfiques pour lui. Elle reconnaît que l’encadrement offert lui permet d’apprendre le sens des responsabilités et de l’autonomie. Il s’améliore socialement et il est très fier de lui-même et de l’argent qu’il amasse.

« Il ne pourrait pas être mieux entouré. Annick est vraiment incroyable avec lui. Elle s’adapte à tout, elle le connait très bien, elle n’est pas gênée de travailler avec lui et s’il fait des choses qui ne sont pas correctes, elle lui dit. Ils ont une superbe relation », mentionne sa mère.

Certaines difficultés persistent

Évidemment, son âge et son diagnostic font en sorte qu’il ne passe pas inaperçu lorsqu’il travaille. S’il attire énormément l’attention, lui qui est « très populaire au travail », ses proches ont tout de même une certaine inquiétude.

La famille de Jacob a dû faire beaucoup d’ajustements pour s’adapter à sa situation. Chaque fois qu’ils veulent faire une activité, ils doivent créer un horaire pour faciliter la compréhension de Jacob. (Photo : Courtoisie)

« En tant que mère, j’ai peur du regard que les autres peuvent lui porter . On se demande “vont-ils le juger ?”, “vont-ils voir qu’il est différent ?” et “vont-ils rire de lui ?”. C’est toujours ma crainte, mais quand tu as un enfant différent, c’est le défi permanent », exprime la mère de Jacob.

Malgré les inquiétudes que sa famille peut avoir pour sa situation, le principal intéressé maintient qu’aucun client ne le juge.

« Les gens sont gentils avec moi. Ils disent “merci beaucoup” et je réponds “merci, bye”. Ils sont toujours gentils », témoigne Jacob.

Selon sa mère, Marie-Eve Lachance, les familles qui sont dans la même situation se doivent de rester positives et d’accepter l’aide qui leur est proposée. Elle trouve qu’on parle encore trop peu de l’autisme.

Une journée spéciale mettant en vedette Jacob sera d’ailleurs organisée au début du mois d’avril à la crèmerie pour lancer la saison du bar laitier ainsi que le mois de l’autisme.

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