Au Saguenay, les personnes en situation de prostitution ont besoin d’hébergements

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Selon une étude du Service de renseignements criminels du Québec, réalisée en 2013, le nombre de transactions annuelles en lien avec la prostitution s’élèverait à 2,6 millions au Québec. (Photo : Courtoisie)

Il manque une ressource d’hébergement pour les personne en situation de prostitution au Saguenay, selon la coordonnatrice clinique du Service de travail de rue de Chicoutimi, Émily Bouchard

« La réalité du Saguenay, c’est qu’il existe des va-et-vient avec les grandes villes. Le risque, c’est que les personnes en situation de prostitution qui viennent provisoirement ne connaissent pas ou peu les organismes qui peuvent leur venir en aide », avance l’intervenante sociale au Centre d’Aide et de Lutte contre les Agressions à Caractère Sexuel (CALACS) du Saguenay, Chantal Goupil. 

Comprendre les besoins 

Les organismes locaux font donc leur possible pour comprendre et répondre aux besoins des personnes en situation de prostitution. Le CALACS du Saguenay a par exemple chapeauté la réalisation d’un rapport, paru en 2018 et portant exclusivement sur cet aspect. 

On y apprend que « 87 % des femmes dans l’industrie du sexe (100% des femmes autochtones) ont indiqué avoir des besoins à ce sujet ». Les données proviennent d’une étude de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES), parue en 2014, dans laquelle les besoins de 109 femmes en situation de prostitution dans six régions du Québec, dont le Saguenay, ont été étudiés.

Besoin d’un centre d’hébergement

« Dans la région, il manque un centre non-mixte et qui permet aux personnes de sortir la nuit, alors que la majorité ne le permet pas », précise Chantal Goupil. Le rapport cité plus haut émet d’ailleurs différentes recommandations en matière de logements. « Un lit réservé pour femme dans la prostitution dans une ou plusieurs maisons d’hébergement de la région» ou « de l’hébergement transitoire pour les femmes en sortie de prostitution pour favoriser le maintien hors de l’industrie du sexe et la réinsertion sociale », sont des exemples préconisés.

Concernant l’implantation d’un nouveau centre d’hébergement dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la coordonnatrice clinique au travail de rue de Chicoutimi, Émily Bouchard, pense que « ça viendra ».

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