Sags : ces hommes de l’ombre qui font vibrer l’amphithéâtre

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Marc Langlois note les informations du match avec attention. (Photo: Esther Dabert)

Les fans crient, les micros résonnent et l’alcool coule à flot ; un match ne se résume pas qu’à la patinoire. Pour créer cette aura si singulière, certains acteurs n’ont qu’un seul mot d’ordre : mettre l’ambiance dans la salle. Parmi eux, l’annonceur maison ou encore les vendeurs.

Le micro en main, il s’exclame « victoire des Saguenéens ! » Comme pour chaque match de cette équipe qu’il aime tant, Marc Langlois est sur la passerelle, prêt à transmettre son énergie à la foule. Dans la cabine de l’annonceur maison, pas de chaise, simplement des feuilles griffonnées ici et là. « Quand la game commence je suis debout. Je ne m’assoie jamais », raconte l’ancien journaliste. Ce « partisan des Sags », ne lâche jamais le match des yeux. Pourtant, impossible pour lui de résister à l’envie de solliciter le public. « Si l’équipe remonte, je vais en mettre un peu plus pour voir comment réagit la foule. Mais il faut en garder pour la fin », ajoute-t-il avec entrain.

Marc Langlois exerce son rôle depuis 36 ans. (Photo: Esther Dabert)

Un rapport singulier avec le public

Même s’il veut faire preuve de neutralité, Marc Langlois ne cache pas son amour pour l’équipe et son public. « J’en suis rendu à un point où je connais assez les gens pour savoir quand est-ce que je peux en lâcher plus. » Un art de la mesure que l’annonceur a travaillé au cours de ses 36 années en fonction. « Si c’est rendu 7 à 1 ça ne sert à rien d’en mettre plus, sauf si c’est Québec parce que c’est le club que les gens aiment détester ici », plaisante-t-il.

Le Centre Georges-Vézina peut accueillir environ 4700 personnes. (Photo: Esther Dabert)

Un rôle qu’il faut également tenir lors des tensions entre les joueurs. « Je ne suis pas pour les bagarres, loin de là, mais quand ça arrive les gens sont plus dedans, explique-t-il. Je laisse la foule se faire son idée mais quand je sais ce qu’elle en pense, j’aime bien jouer en annonçant les punitions différemment pour voir sa réaction. » Une satisfaction personnelle dont l’annonceur ne veut pas abuser. « Je ne veux pas non plus mettre les gars sur la glace dans le tort. »

Mettre l’ambiance à tout prix

Danny Lavoie travaille au Centre Georges-Vézina depuis une vingtaine d’années. (Photo: Esther Dabert)

Remarquable par son chandail vert, un autre fan des Sags dédie son temps au public. Zigzaguant entre les gradins, le vendeur de moitié-moitié, Danny Lavoie, ne peut pas faire deux pas sans être sollicité. « J’ai commencé il y a une vingtaine d’années, je ne sais plus quand exactement. Je sais juste que c’était avant que Sidney Crosby arrive, plaisante-t-il. J’ai commencé parce que je voulais voir du monde mais surtout la joute. » Pourtant, la patinoire est aujourd’hui reléguée au second plan. « Je ne peux pas regarder le match parce que je suis de dos mais je le vis avec les gens. » Apprécié pour son côté loquace, cette figure emblématique des Bleus participe à l’effervescence du stade. « Beaucoup de gens viennent me voir parce que je suis ici depuis des années et que j’aime jaser. »

Pour ce fan des Sags comme pour Marc Langlois, il ne reste certainement qu’un seul rêve : revoir un jour le Centre Georges-Vézina plein, et entonner « Sweet Caroline » sur une victoire des Saguenéens en finale.

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